Accidents nucléaires

Accidents civils et militaires

[Scénarios d'accidents, Accidents de radioactivité, Mayak (accidents soviétiques, Three Mile Island, Windscale, TokaïMura, Incident de Tricastin (2008)]

Les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki, les campagnes d'essais atmosphériques des années 1950 et 1960 résultent d’actions hélas délibérées. Au contraire, les rejets incontrôlés de radioactivité de l'industrie nucléaire militaire ou civile sont bien des accidents.


Les accidents du nucléaire militaire remontent à l'époque du début de la course aux armements, quand les principales puissances - Etats-Unis, Union Soviétique, Grande-Bretagne - développaient leurs armes atomiques dans des centres ultra secrets.


1950, Mayak : un accident militaire


1979, Three Mile Island : un accident civil

Ces accidents sont dus au manque d'expérience que l'on avait alors, à la méconnaissance de certains phénomènes et aussi à un manque de précautions. L'environnement ne pesait pas lourd face aux objectifs stratégiques. On s'en remettait, surtout en Union Soviétique, à la nature et aux grands espaces pour atténuer les méfaits du laxisme alors en cours.

C'est ainsi que la rivière Técha au sud de l'Oural a été contaminée de 1949 à 1956 par des déchets radioactifs rejetés directement dans des lacs et qu'un réservoir de stockage de déchets a explosé par faute de refroidissement sur le même site de Mayak.

L'incendie du graphite du réacteur de Windscale en 1957 aurait eu moins d'ampleur si les ingénieurs anglais qui cherchaient à le maîtriser avaient pris la mesure d'un phénomène alors peu connu, l'effet Wigner. Tous ces accidents anciens survenus sur des sites militaires ont tardé à venir à la lumière, notamment ceux survenus en Union Soviétique (*).

Le nucléaire civil dont le développement est venu après a bénéficié de l'expertise acquise. Une culture de la sécurité s'est développée et l'industrie nucléaire s'est longtemps enorgueillie d'une absence d'accidents majeurs. Mais les accidents de Three Mile Island (1977) et surtout de Tchernobyl (1986) sont venus entamer cette sérénité et la confiance du public.

L'accident de Three Mile Island, survenu aux environs de Washington, a causé la perte d'un réacteur mais n'a pas occasionné de rejet significatif de radioactivité grâce aux systèmes de confinement. Son caractère traumatisant est venu du déplacement par précaution de centaines de milliers de personnes. L'accident bien plus grave de Tchernobyl ne se serait pas produit si les systèmes de sécurité n'avaient pas été désactivés. La dispersion d'un nuage radioactif aurait été évitée si le réacteur avaient disposé d'une enceinte de confinement comme celle qui a fonctionné à Three Mile Island.



Comparaison des principaux accidents
Pour comparer les principaux accidents et les rejets de radioactivité des essais nucléaires, on a considéré les activités des éléments radioactifs les plus significatifs relâchés dans l'atmosphère ainsi que les surfaces affectées par l'accident ou pour lesquelles les populations ont été évacuées. Dans le cas de Three Mile Island en 1979, il n'y eut pas d'évacuation mais environ 100,000 personnes quittèrent temporairement leur habitation de leur propre initiative.
IN2P3 (Source UIP/EULEP/EURADOS)

Les accidents de réacteurs ne sont pas les seuls pouvant se produire. Un accident est survenu en 1999 à TokaïMura dans une usine de fabrication de combustible au Japon. Lors de cet accident relativement mineur les règles de sécurité avaient été violées.

Il y a enfin les accidents liées aux sources radioactives utilisées dans les applications médicales, industrielles ou de laboratoire. Le risque de radioactivité impose de répertorier et de suivre minutieusement le devenir de ces sources, mais les activités en jeu étant beaucoup plus faibles les conséquences d'accidents sont limitées.


Voir aussi :

Tchernobyl
Contrôle des réacteurs
Catastrophes et accidents nucléaires dans l’ex union-soviétique par D.Robeau