Gestion aujourd'hui



La gestion actuelle des déchets radioactifs : état des lieux

[ Conditionnements, Transports de matières radioactives, Stockages de déchets, Entreposages, Gestion à l'étranger]

Les déchets radioactifs font peur à l’homme de la rue. Un paradoxe en réalité car ni leur entreposage ni leur transport n’ont causé de morts qui puissent leur être attribués. Les déchets de haute activité - les plus dangereux - ne représentent en France que 10 grammes par habitant et an. C’est peu si l’on considère que les centrales nucléaires françaises produisent environ 80 % de l’électricité du pays.


Stockage en surface de déchets peu radioactifs


La Hague : une usine pour les déchets très radioactifs

Mais le risque n’est évidemment pas en proportion d’un si petit volume.

Les déchets radioactifs peuvent être répartis en deux catégories : ceux pour lesquels une gestion a été définie, et ceux pour lesquels une solution n’a pas encore été retenue ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existe pas.

La première catégorie est constituée par les déchets qui sont à la fois les plus volumineux et les moins radioactifs, pour lesquels existent déjà des centres de stockages.

La seconde catégorie est constituée principalement des déchets les plus radioactifs qui, en raison du risque qu’ils présentent, font l’objet de recherches quant à leur gestion. Entrent également dans cette catégorie certains déchets de faible activité, pour lesquels des solutions ne sont pas encore mises en oeuvre.

Ces recherches, qui portent sur le conditionnement et le stockage, ne signifient pas l'absence de solution. Par exemple, pour les déchets de haute activité générés à l'usine de la Hague, on dispose déjà avec leur vitrificatio industrielle d'un confinement éprouver qui protègerait l'environnement pour au mois 10 000 ans. Mais, si bien conditionnés soient-ils, il faut définir un stockage définitif pour ces déchets.

A l’heure actuelle, il n’existe dans aucun pays de sites où soient stockés de manière permanente les déchets les plus radioactifs, qu’il s’agisse de combustibles irradiées ou de verres issus du retraitement. Ces matières dangereuses sont pour l’instant entreposées soit de manière dispersée à proximité des centrales comme aux USA, soit concentrées sur un petit nombre de sites comme en France ou en Suède.

Les transports de matières radioactives, surtout de haute activité, suscitent aussi des inquiétudes. Des organisation écologiques s’opposent farouchement à ces transports, mais faut-il entreposer pour l’éternité des déchets à risques dans des zones habitées, près des voies d’eau. Ne vaut-il pas mieux les transporter avec les précautions nécessaires en lieu sûr ?

Le processus de décision concernant l’enfouissement de ces déchets est lent. Le premier centre de stockage à voir le jour sera probablement celui de Yucca Mountain dans le Nevada. Bien qu’il ait reçu l’appui du Président en 2002, l’aval du Sénat et du Congrès ensuite, le projet se heurte encore à d’innombrables recours juridiques. Il est question de 2012 pour commencer à remplir Yucca Mountain si les derniers obstacles sont franchis.

Le retard des choix s’est révélé bénéfique du point de vue technique. Les recherches entreprises ont permis des progrès sur le conditionnement et l’immobilisation de la radioactivité. Les retards ont entretenu hélas à tort l’impression que l’on n’a pas de solutions. Ils deviendraient désastreux s’ils se prolongeaient en indécision. Si certaines oppositions à l’enfouissement des déchets expriment des craintes légitimes, d’autres relèvent d‘un sentiment plus terre à terre, le NIMBY en anglais (Not in my backyard), le « pas chez moi » en français, un réflexe aussi vieux que l’humanité qui n’est pas réservé aux seuls déchets radioactifs.


Voir aussi :

Déchets nucléaires (Un dossier scientifique de la Société Française de Physique)
Rapport de synthèse de l'ANDRA 2006 (pdf)
Tenue des verres R7T7