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Fukushima : eaux radioactives
Des eaux radioactives envahissantes sur le site de la centrale
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La présence de grandes quantités d’eaux très radioactives sur le site de la centrale quelques jours après l’accident de Fukushima a constitué une complication majeure. Cette complication a été la conséquence des techniques employées en catastrophe pour refroidir d’urgence les réacteurs. Elle s’est ajoutée aux complications survenues du côté des piscines d’entreposages, mais surtout elle a constitué durant plusieurs mois le principal obstacle au retour à la normale. Les liquidateurs japonais ont du faire face à des difficultés d’un genre nouveau que l’on avait rencontrées ni à Tchernobyl ni à Three Mile Island.
Les problèmes de refroidissement ont conduit au rejet de grandes quantités d’eau très contaminée sur le site de la centrale. En temps ordinaire un circuit en boucle refroidit le cœur des réacteurs, mais la détérioration du circuit et de son alimentation électrique ont amené à injecter de grandes quantités d’eau dans les cuves en circuit ouvert. Au contact des gaines de combustible endommagées cette eau s’est chargée de radioéléments solubles dont l’iode-131 et le césium. Elle est devenue très radioactive.
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Début avril 2011 : rejets en mer d’eau très radioactive Cette image fournie par la compagnie exploitante des centrales, montre de l’eau très contaminée s’échappant du réacteur N°2 par une fissure dans une fosse d’où elle se déversait dans l’océan tout proche. Cette fuite d’eau extrêmement radioactive a été finalement colmatée le 6 avril. Le schéma de New York Times à gauche montre l'emplacement de la fosse par rapport au réacteur N2 et à la mer.
Tokyo Electric Power Company, via Reuters |
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L’eau injectée s’est retrouvée dans les enceintes de confinement puis a inondé divers bâtiments de la centrale du fait de fuites et de vannes non alimentées en électricité. Ce malheur a eu toutefois du bon ! Une partie importante de l'iode et du césium radioactifs s’est retrouvée dissoute. Piégée aux abords de la centrale, elle ne s’est pas dispersée dans l'atmosphère et n’a pas contaminé les sols. L’exposition des populations en a été d’autant réduite.
Des flaques d’eau très radioactives dans le hall des turbines ont irradié fin mars trois techniciens. Leur présence a compliqué et retardé les interventions humaines, obligeant de recourir à des robots ! Pire, début avril, une partie de cette eau très contaminée provenant du réacteur N°2 s'est échappée dans une fosse en communication avec la mer. La brèche de 20 cm par laquelle s'échappait cette eau à un rythme estimé à sept tonnes par heure durant plusieurs jours a été colmatée le 5 avril.
La quantité d’eau fortement radioactive à pomper dans les diverses installations du site à été évaluée à 100 000 tonnes. Cette eau a d’abord commencé à être pompée et stockée pour moitié dans des barges de la Marine Américaine et le reste sur le site (dans des condenseurs et d’autres bâtiments).
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Schéma du traitement des eaux radioactives Principe de l’installation de décontamination. L’eau radioactive qui inonde en partie basses des bâtiments réacteurs et turbines est débarrassée de sa radioactivité dans l’unité de traitement. Celle-ci se retrouve dans des boues radioactives entreposées dans des conteneurs. L’eau décontaminée étant salée, elle doit être ensuite débarrassée de son sel. Devenue douce, elle peut être réinjectée dans la cuve des réacteurs (à gauche)
Source IRSN |
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Etant donné le volume a traiter, il fallut envisager d'implanter sur place une puissante station d'épuration à même de filtrer, de décontaminer cette eau et d'en conditionner les résidus radioactifs. L'électricien Tepco a accepté mi-avril une technique proposée par Areva et mise en œuvre. pour le traitement des effluents radioactifs dans les installations de Marcoule et La Hague. La méthode, basée sur le principe de co-précipitation, consiste à utiliser des réactifs chimiques pour séparer et récupérer les éléments radioactifs pour ensuite traiter et conditionner ces résidus.
Une station d’épuration de gros débit, basée sur ce procédé, a été installée le 11 juin grâce au concours d’AREVA et de la société américaine Kurion, avec une capacité de traitement de 1000 tonnes par jour. L’installation de cette station a constitué une étape décisive dans la reprise en main des installations. Au 18 septembre, 95420 tonnes d’eau contaminée avaient été traitées. Les opérations de déblaiement, de nettoyage et de réparation pouvaient se dérouler normalement. De plus, l’eau débarrassée non seulement de sa radioactivité mais aussi de son sel, pouvait être réinjectée en circuit fermé dans les cuves à raison de quelques m3/h. Convenablement refroidis, les températures fonds de cuve des réacteurs N°1, N°2, N°3 sont descendues en dessous des 100°C.
Sujets voisins : Centrale de Fukushima-Daiichi, Circonstances et causes, Piscines de combustibles usés, Contaminations, Zone des 20 km, Pollution marine, Risques sanitaires
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Filtrer le césium L'installation de ces filtres à césium de la société Kurion en juin 200 a permis de débarrasser l'eau contaminée du césium-134 et césium-137, deux isotopes radioactifs qui constituaient la principale source de sa radioactivité. Ces filtres diviseraient par 10 000 la contamination en césium.
Kurion |
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