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Natanz : enrichir l'uranium
L'électricité ou la bombe ?
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Iran : usine de Natanz L’installation pilote et l'usine d’enrichissement d’uranium de NATANZ dans un site désertique au sud de Téhéran sont au coeur de la crise. Après que l’AIEA eut décidé en février 2006 de transférer le dossier nucléaire iranien au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Iran annonça qu’il arrêtait la suspension volontaire de son programme décidée en 2004 et ne permettrait plus les inspections surprises de ses sites nucléaires. En avril 2006, les ingénieurs iraniens réussirent à connecter entre elles 164 centrifugeuses, commençant à fabriquer de petites quantités d'uranium peu enrichi.
DR |
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La crainte que le programme nucléaire iranien ne cache une course à l’armement atomique s’est focalisée autour de la question de l’enrichissement de l’uranium, une activité ambiguë qui peut avoir des fins civiles aussi bien que militaires. Depuis 2005, l’Iran refuse de suspendre cet enrichissement malgré les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui réclament sa suspension avant toute négociation.
En temps ordinaire, l’enrichissement pour des usages civils est autorisé par le traité de non prolifération dont l’Iran est signataire – à condition qu’il soit contrôlé par l’AIEA. En dehors des nations du club atomique détentrices de l’arme nucléaire, cet enrichissement est pratiqué ou a été pratiqué par des pays comme l’Argentine, l’Afrique du Sud, le Brésil, le Japon.
Du fait de l’embargo dont il était l’objet de la part des Etats-Unis, l’Iran a dissimulé ses recherches sur l’enrichissement. Après la découverte d’activités clandestines en 2002, l’Iran a alors revendiqué son droit à l’enrichissement à des fins civiles dans le cadre du traité de non-prolifération. Il a alors soumis ses activités au régime renforcé d’inspections de l’AIEA prévu par un protocole additionnel du traité.
Pourquoi l’Iran s’obstine-t-il à maîtriser l’enrichissement de l’uranium ? Au lieu de réinventer la roue, il serait tellement plus facile de s’approvisionner en combustible nucléaire auprès des pays développés ! La république islamique recherche-t-elle la bombe sous couvert de nucléaire civil ? L’hypothèse est facile à vendre auprès d’opinions occidentales promptes à faire l’amalgame entre islam et terrorisme.
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 Revendication du droit à l’énergie atomique
 Usine pilote et usine industrielle
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En Iran, les dirigeants répètent que le programme est uniquement pacifique. L’occident envié pour sa démocratie a laissé des souvenirs douloureux : l’exploitation du pétrole, le soutien à l’agression de l’Irak, un avion civil abattu dans le golfe, l’embargo, des sanctions ... Le pays est l'objet de menaces, d'ultimatums qui entretiennent la méfiance (*) . Les dirigeants craignent de se livrer pieds et poings liés à leurs ennemis pour l’approvisionnement de leurs réacteurs, ce qui pourrait expliquer leur obstination à enrichir l’uranium.
Civil ou pas civil ? Qu’en est-il ? Bien que réduites du fait des sanctions, les inspections de l’AIEA n’ont pas mis en évidence à ce jour des activités militaires sur les sites déclarés. Selon un rapport des services de renseignement américains qui fit du bruit en novembre 2007, l’Iran aurait arrêté en 2003 (mais pourrait reprendre) un programme militaire.
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Ce rapport fut mis sous le boisseau par les partisans de la manière forte. Pourtant une condamnation qui ne s’appuierait pas sur des preuves solides aurait un relent désastreux dans les pays émergents. La prudence n'exlut pas la vigilance : l’ultracentrifugation étant 20 fois moins gourmande en électricité que la diffusion gazeuse, les installations sont plus faciles à dissimuler. Les inspections de l’AIEA et le recours au renseignement sont essentiels.
Conditionner des négociations à la suspension de l’enrichissement est-il une bonne approche ? Dans le passé, l’Iran a fait ce geste sans résultats. L'approche d’une négociation sans préalables de l'administration Obama aurait pu contribuer à surmonter le mur de méfiance qui s’est érigé entre les parties. A l'heure actuelle, les puissances occidentales n'ont pas vraiment abandonné le préalable de la suspension et la réponse du régime de Téhéran n'a pas été conciliante dans l'éventualité de sanctions.
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Qom-Fordo : images furtives La première inspection de l’AIEA eut lieu le 25 octobre, quelques semaines après l’annonce de l’existence du site de Fordo, construit dans le désert à 30 km de la ville sainte de Qom. Cette image de l’arrivée des inspecteurs à l’aéroport de Téhéran et cette vue aérienne prise par satellite indiquent à quel point les informations dont on dispose à ce jour sur ces installations sont fragmentaires, en dehors de ce qu’on pu observer les inspecteurs
QAFP et AP |
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Une seconde unité d'enrichisssement à Qom
Le 22 septembre 2009, à la veille d’une Assemblée Générale de l'ONU, les autorités de Téhéran informèrent l'AIEA de la construction d'une seconde unité d'enrichissement à Fordo près de la ville sainte de Qom. L'annonce fit l'effet d'une bombe, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France accusant à nouveau l'Iran de dissimulation. La seule justification pouvait être de disposer d'une installation de repli si Natanz était bombardée comme il en est régulièrement question. Ce fut en effet le motif invoqué quand l’Iran informa l’agence de la raison pour laquelle ce site était construit.
Plausible ou non, cette justification fut généralement ignorée par les média, bien que l'ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltaniyeh, ait été explicite « L’Iran n’avait pas d’autre choix que de disposer d’un plan d’urgence à cause des menaces continuelles d’attaques militaires dont il est l’objet. Par conséquent, l’Organisation de Défense Passive a remis à l’Organisation de l’Energie Atomique d’Iran ce site et il avait été en fait construit dans ce but. ».
Une première inspection de l’AIEA eut lieu le 25 octobre, un mois environ l’annonce du site. Dans le rapport qui suivit, l'AIEA expliquait que le site de Fordo en était à un stade avancé et pourrait commencer à enrichir de l'uranium dès 2011. Cependant, aucune centrifugeuse n'y aurait été alors installée ni aucune matière fissible utilisée.
Le document n'avance aucun chiffre quant à la capacité future d’enrichissement de Fordo. Il a été question de 3000 centrifugeuses. D'après un responsable international proche du dossier, l’installation semble à même de produire une tonne d'uranium enrichi par an, ce qui serait insuffisant pour alimenter les réacteurs nucléaires civils, mais suffisant pour fabriquer une ogive atomique.
Sujets voisins : Centrifugeuses IR1 et IR2, Le réacteur de Busher, Activités non déclarées, chronologie 2008-2009, 2006-2007 et 2003-2005
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Voir aussi :
Prolifération : uranium 235 La séparation isotopique Centrifugation Visite à Natanz : diaporama du New York Times
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