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Fukushima : les piscines
Un manque de refroidissement des combustibles usés
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Piscine d’entreposage des combustibles usés à Fukushima Une des piscines d’entreposage de Fukushima avant l’accident. La piscine est située à proximité du réacteur, pour permettre le transfert sous eau des combustibles usés quand ils sont sortis du cœur. La piscine est profonde de 12 mètres. Les assemblages de combustibles sont placés au fond dans des paniers ou casiers. Leur hauteur étant de 4 m, leur partie supérieure est surmontée de 8 mètres d’eau. La fonction de l’eau est double : évacuer la chaleur qui continue d’être émise par les assemblages ; assurer la radioprotection en absorbant les rayons gamma émis.
New York Times : Tomohiro Ohsumi - XAQUÍN G.V., BILL MARSH and GRAHAM ROBERTS |
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Naïvement il semble qu'il faille se préoccuper en premier lieu des accidents de réacteurs en marche. On imagine plus difficilement des accidents arrivant à l’arrêt. On a encore plus de mal à imaginer, qu’ils puissent survenir dans ces véritables étables pour chevaux de retour que sont les piscines où sont entreposés les combustibles usés des réacteurs. C’est pourtant ce qui est arrivé avec les réacteurs N°4 et N°3 de Fukushima.
Le niveau de l’eau a beaucoup baissé dans ces piscines soit par évaporation progressive, soit en raison d’une fuite ou du tremblement de terre. au point de découvrir peut-être le sommet des assemblages situés à 8 mètres de la surface, Tant que le sommet des assemblages n’est pas découvert, aucune matière radioactive ne s’échappe, même si l’eau s’échauffe en commençant à s’évaporer. Seuls s’échappent des gaines de combustible des rayons gamma qui, comme les rayons X, sont pénétrants. Le rôle des 8 m d’eau est de servir d’écran et d’absorber ces gamma. Si le niveau baisse beaucoup, le rayonnement gamma émergeant de la piscine devient si fort qu’il devient mortel de s’en approcher.
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Trois niveaux de radiations A gauche, la piscine est pleine avec les assemblages de combustibles sous 8 m d’eau. Le refroidissement est assuré et les rayons gamma émergeant des assemblages sont absorbés avant d’atteindre la surface. Au centre, le niveau a baissé. L’épaisseur d’eau est insuffisante et un très fort niveau de radiations est présent dans l’enceinte. A droite, le niveau affleure le sommet des assemblages. La protection contre les gamma devient inexistante et le niveau de radiation encore plus élevé. De plus, le haut des assemblages de combustibles non refroidis libère des atomes radioactifs. Si, comme à Fukushima, le toit des réacteurs est endommagé, les gamma et les fuites radioactives passent à l’extérieur.
IN2P3 |
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Quand la baisse du niveau se poursuit au point de découvrir le sommet des assemblages, le zirconium des gaines s’oxyde et éventuellement prend feu sous l’effet de la chaleur dégagée par les produits radioactifs encore présents dans le combustible. Contrairement aux combustibles des réacteurs N°1,2 et 3 qui étaient en marche, ce combustible usé était sorti du réacteur N°4 depuis des mois, voire des années. Il était moins chaud et surtout les espèces radioactives les plus agressives comme l’iode-131 avaient disparu. Les radioéléments a même de s’échapper étaient principalement les césium-134 et 137 et le strontium-90 qui sont nettement moins radioactifs.
Des niveaux de radiation très élevés furent observés au dessus du toit des piscines des réacteurs N°3 et N°4. L’hypothèse a été alors émise que ces piscines de 12 m de profondeur se seraient en grande partie vidées de leur eau au point de laisser affleurer la partie supérieure des assemblages. Une partie des assemblages combustibles de 4m de haut auraient été exposés des heures durant à l’air, avec un début de fontes des gaines et des rejets radioactifs.
En l’absence d’électricité, de moyens de pompage, il fallait donc remettre impérativement en eau ces piscines d’entreposage. A l’aveuglette, de l’extérieur à travers les toitures endommagées, car on ne pouvait ni pénétrer dans les lieux ni disposer de caméras d’inspection. Le largage d’eau par des hélicoptères s’est avéré risqué et peu efficace en raison de l’intensité des rayons gamma qui imposait aux pilotes de prendre de l’altitude au dessus de la toiture. Finalement, on a utilisé de puissantes lances d’incendie pour parer au danger.
Après le 21 mars, le retour progressif de l’électricité a permis une alimentation en eau plus normale. Les piscines d’entreposage des six réacteurs ont été refroidies, soit par des systèmes existants, soit par apport d’eau externe pour compenser l’évaporation, notamment pour la piscine du réacteur N°4,
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19 mars 2011 : Arrosage par rampes à eau du réacteur N°3 Les autorités japonaises ont annoncé samedi 19 mars 2011 que la situation se stabilisait dans le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, sur lequel des tonnes d'eau ont été projetées à l'aide de puissantes lances à incendie pour remplir la piscine d'entreposage. En raison de haut niveau de radiations au dessus du toit, cette méthode était préférable au largage d'eau avec des hélicoptères.
REUTERS/Self Defence Force Nuclear Biological Chemical Weapon Defense Unit |
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Trois mois après l'accident, les informations disponibles (contrôles vidéo de l’intérieur des piscines et mesures de la contamination de l’eau) indiquent qu'il n’y a pas eu de dégradation importante des combustibles entreposés. En revanche, des matériaux sont tombés dans les piscines à la suite des explosions d’hydrogène. Selon une hypothèse, cet hydrogène serait venu du réacteur 3 (via le pied de la cheminée commune)
Les données manquent encore pour comprendre l’origine des pertes d’eau. La rapide évaporation observée dans les piscines N°3 et 4 demeure un mystère. Même sans apport, il faudrait selon les ingénieurs beaucoup de jours pour évaporer une telle quantité d’eau. L’hypothèse d’une fuite est peu probable en raison du renforcement en acier des parois. La piscine étant située au sommet du bâtiment réacteur, elle aurait pu perdre une partie de son eau lors de l’oscillation due au tremblement de terre.
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Plus de peur que de mal Cette photo extraie d’une vidéo, prise en mai 2011 de la piscine du réacteur n°4, montre le dessus des assemblages de combustibles arrangés en paniers. Si l’on y observe la présence de débris, les sommets des assemblages semblent intacts. Cela signifie qu’il n’y a pas eu dénoyage, fonte des parties supérieures avec rejets de produits radioactifs contrairement à ce que l’on avait craint.
TEPCO/B.Barré |
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Les données fournies par l’opérateur Tokyo Electric Power montrent que la majorité des matières radioactives présentes sur le site se trouvaient dans les piscines : 11 125 assemblages de combustibles usés étaient entreposés dans les piscine, soit près de 4 fois autant de matières radioactives que dans le cœur des 6 réacteurs.
Au Japon, des années d’atermoiements quant à la destination à long terme des assemblages hautement radioactifs déchargés du cœur des réacteurs ont peut être contribué à la gravité de l’accident. En France, les assemblages de combustibles usés, transférés à la Hague au bout d’un certain temps pour leur retraitement, ne s’accumulent pas auprès des réacteurs. Les Chinois les envoient dans une enceinte d’entreposage en plein désert. Les japonais, en attendant la mise en service de leur usine de retraitement de Rokashomura, entreposent sur une longue durée auprès de leurs réacteurs une grande proportion de leurs assemblages usés.
Sujets voisins : Centrale de Fukushima-Daiichi, Circonstances et causes, Contaminations, Zone des 20 km, Eaux radioactives, Pollution marine, Risques sanitaires
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Voir aussi :
NYT : Greater Danger Lies in Spent Fuel Than in Reactors Radioactivité gamma (γ) Radioprotection gamma Sortie du réacteur NYT diaporama : Hazards of Storing Spent Fue Césium 137
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