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L'accident de la centrale japonaise de Fukushima a été à l’origine d’une forte contamination radioactive du milieu marin. Les vents soufflaient la plupart du temps vers le Pacifique durant les journées les plus critiques de l’accident. Ce qui a constitué une chance pour les humains, ne l’a pas été pour les poissons ! Aux retombées du nuage qui a survolé le Pacifique, se sont ajoutées des tonnes d’eaux très radioactives qui se sont déversées de la centrale jusqu’au 5 avril.
Les cartes établies à cette époque montrent une contamination importante près de la côte. Les prélèvements d'eau de mer effectués dans la baie à proximité de la centrale à la suite de ces fuites ont montré une présence initiale très élevée d'iode radioactif 131. Cette présence a depuis disparu du fait de la décroissance de l’iode dont l'abondance est divisée par 1000 tous les 80 jours. Les algues de la baie, avides d'iode, ont sans doute davantage souffert de la vague du tsunami que de cette impressionnante mais éphémère radioactivité !
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Maintenant et sur le long terme, c’est la contribution de deux isotopes du césium, le césium-134 et le césium-137 qui va prédominer. La période du césium est de 30 ans, celle du césium-134 est de 2 ans. Ce dernier aura pratiquement disparu d’ici une vingtaines d’années, mais les contributions des deux isotopes sont au départ du même ordre.
Jeudi 27 octobre, les rejets de césium 137 ont été estimés à 27 millions de milliards de becquerels (27 PBq) par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et représenteraient "le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé ". Toutefois, diluée dans l'ensemble du Pacifique, l'importante quantité de césium 137 déversée ne devrait au final conduire qu'à des concentrations de 0,004 becquerel par litre, deux fois plus que les retombées des essais nucléaires atmosphériques des années 1960.
En haute mer, l'effet de dilution se fera sentir et s'ajoute à celui des décroissances radioactives. Ces dépôts sont dispersés et se diluent : diluée dans 1 kilomètre cube d'océan la radioactivité d'une tonne d’eau contaminée est divisée par 1 milliard. A proximité des côtes et avec des fonds plats, le brassage de l'eau est faible et l'effet de dilution joue peu du fait du renouvellement limité de l’eau de mer. Cependant, il semble que grâce à un des courants marins les plus forts du globe, les eaux contaminées se soient rapidement éloignées vers le large. Selon l’IRSN, "La localisation de Fukushima aurait permis une dispersion des radionucléides exceptionnelle".
Les césiums 137 et 134 sont moins actifs et radiotoxiques que l'iode, mais leur action se fait sentir sur la durée. Le césium se concentre dans la chair des poissons en suivant la chaîne alimentaire qui va du plancton aux petits puis aux gros poissons . Les organismes vivant près des fonds marins ainsi que les poissons au sommet de la chaîne alimentaire, sont, dans la durée, les plus sensibles à la pollution au césium.
D'après les mesures dans les sédiments côtiers et l'eau de mer, les concentrations ne devraient pas avoir d'impact en termes de radioprotection, sur les poissons vivant en haute mer. D’après les experts, l’augmentation du niveau de radioactivité due au césium en provenance des réacteurs endommagés ne sera probablement pas significative en termes de santé humaine.
Cependant, une "pollution significative de l'eau de mer sur le littoral proche de la centrale accidentée pourrait persister dans le temps", à cause notamment du ruissellement des eaux de surface sur les sols contaminés. Un contrôle des pêches et une surveillance des espèces marines pêchées dans les eaux côtières s'avèrent nécessaires avant que la dilution opère. Il faudra s’abstenir encore un temps de manger des moules, crevettes et crustacés de la baie à cause du césium.
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