Médecine nucléaire



La radioactivité au service du diagnostic médical

[Traceurs en médecine, Arronax, Scintigraphies, Dosimétrie des examens, Diagnostic scintigraphique]

Grâce à l'utilisation de radio-isotopes en médecine et à un matériel de détection approprié, de nombreuses explorations du fonctionnement de nos organes ont été rendues possibles. Ces techniques de visualisation des fonctions du corps humain ont permis de mieux connaitre lle vivant et de mieux le soigner. Elles ont mis à la disposition des biologistes et des médecins nucléaires des outils de diagnostic extraordinaires que ne pouvaient pas fournir les techniques de radiologie.



Exploration du cerveau
Les techniques de scintigraphies sont très employées pour les diagnostics et l'exploration des fonctions du vivant. La fixation du produit radiopharmaceutique est fonction du flux sanguin cérébral. Elle est maximale dans les zones les plus actives, colori√ées ici en rouge. Cette comparaison de coupes du cerveau pour une personne normale et une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer montre les zones atteintes. La fixation est faible dans les régions peu fonctionnelles et forte dans les régions cérébrales trés actives.
André© Aurengo, Hôpital Pitié-Salpétrière

C'est en 1923, que Georg von Hevesy découvre la méthode des indicateurs. Mais c'est principalement la découverte de la radioactivité artificielle en 1934 par Irène et Frédéric Joliot-Curie qui a mis à la disposition des médecins et des biologistes une panoplie d'isotopes radioactifs conduisant à l'établissement de diagnostics précis.

Les progrès techniques en détection permettent d'enregistrer des rayonnements gamma très peu intenses et de faire des examens délicats sans perturber l'organe observé. Les médecins nucléaires peuvent maintenant choisir les molécules marquées par des radio-isotopes les plus appropriés pour la fonction ou l'organe à explorer. Ces molécules marquées par des radio-isotopes sont appelées traceurs radioactifs ou radiopharmaceutiques.

Des progrès spectaculaires ont été réalisés depuis que l'iode-131 a été utilisé pour la première fois à la fin des années quarante pour étudier sa fixation dans la glande thyroïde.

Les applications actuelles sont multiples : scintigraphies osseuses avec des phosphonates marqués au technétium-99m, scintigraphie du myocarde au thallium-201, scintigraphie de la thyroïde à l'iode-123, scintigraphie pulmonaire de ventilation au krypton-81m... Tous ces examens donnent des renseignements irremplaçables pour la thérapie dans de nombreuses circonstances. L'instrument de prédilection de ces techniques est la gamma-caméra dont sont équipés de très nombreux hôpitaux.

On utilise aussi des émetteurs à positons (oxygène, fluor…) qui servent de marqueurs de molécules légères en « tomographie par émission de positons » ou TEP. Cette technique a apporté un nouveau mode d'exploration dans l'étude du cerveau et des maladies cérébrales, sans traumatisme pour la personne. Aujourd'hui, elle révolutionne la cancérologie dans la détection à un stade très précoce des tumeurs ou autres métastases que les autres techniques d'imagerie ne peuvent révéler.

Les applications des radioisotopes ne se limitent pas à l'imagerie fonctionnelle. Des émetteurs bêta sont utilisés à but thérapeutique, curatif ou palliatif (radiothérapie métabolique).

Principales sources bibliographiques.


Voir aussi :

Gamma-caméra
Tomographie à émission de positons
Rapport de l'Autorité de Sureté Nucléaire
Société Française de Médecine Nucléaire et Imagerie Moléculaire
La médecine nucléaire par Richard Zimmermann
Rapport ASN 2006 sur l'utilisation médicale des rayonnements ionisants