Production de radioisotopes



La production de radioisotopes pour la médecine nucléaire

Actuellement on dénombre en Europe et par an plus de 12 millions de procédures médicales (diagnostic et thérapie) utilisant des radioisotopes, soit plus de 30 000 procédures par jour. Environ 90 % des radioisotopes sont utilisés à des fins diagnostiques et 10 % pour de la thérapie.



Production de radioisotopes
La tomographie par émission de positons utilise des radioisotopes à vie courte. Ces isotopes doivent être produits par un cyclotron à l'hôpital ou, quand la durée de vie le permet, acheminés très rapidement à partir d'un centre régional (c'est le cas du fluor-18 le plus utilisé dont la période est de 110 minutes). L'approvisionnement pour les gamma-caméras demande un équipement beaucoup plus léger : le technétium-99 qui intervient dans 70 % des scintigraphies est généré à partir d'un appareil relativement simple rechargé deux fois par semaine.
IN2P3

Les radioéléments sont produits sur des sites industriels, à coût élevé avec des cyclotrons (production par bombardement d'une cible par des particules chargées) ou à coût faible et en grande quantité par des réacteurs nucléaires (production par bombardement d'une cible par des neutrons).

Les émetteurs bêta-plus et les éléments à vie courte (thallium-201 par exemple) sont fabriqués dans des cyclotrons et représentent environ 25 % des radioisotopes utilisés en diagnostic.Les réacteurs nucléaires assurent la production de nombreux émetteurs gamma et de tous les radioéléments utilisés en thérapie.

Dans le cas du technétium-99, le radioisotope le plus utilisé, son précurseur (le molybdène-99) est fabriqué grâce à l'irradiation d'uranium enrichi à près de 20%. Ce dernier est surtout produit aux Etats-Unis. Or Washington, pour des considérations de non-prolifération nucléaire veut faire cesser ces exportations de cet uranium hautement enrichi. Les deux réacteurs canadiens qui assurent 80% des besoins de la planète sont anciens et il y a eu menace d'une grave pénurie en 2008.

La synthèse des radiopharmaceutiques est également réalisée sur site. La production est ensuite livrée par un transporteur agréé dans les différents services de médecine nucléaire. Les radiopharmaceutiques se présentent essentiellement sous la forme de solutions injectables (flacons) ou encore sous la forme de gélules (thérapie par l'iode-131 par exemple).

La production du technétium-99m est assurée par un générateur ("vache à technétium") livré une à deux fois par semaine dans chaque service de médecine nucléaire. La solution de technétium-99m est obtenue par élution d'une colonne chromatographique d'alumine sur laquelle est fixée du molybdène 99 (période de 66 heures).

Les produits radiopharmaceutiques sont préparés dans une pièce spéciale du service de médecine nucléaire (appelée « laboratoire chaud »), soumise à la stricte réglementation en matière de radioprotection et de préparation de produits pharmaceutiques. Les doses de traceurs injectées au patient, sont mesurées à l'aide d'une chambre d'ionisation étalonnée (activimètre) et sont confinées dans des seringues munies de caches plombés, afin de limiter au maximum l'irradiation du personnel.

Sujet voisin : Utilisation médicale


Voir aussi :

Marqueurs et traceurs
Technétium-99
Traceurs en médecine