Toxicité radioactive



Un indicateur important mais plus pessimiste que l'activité



Evolution de la radiotoxicité de 10 ans à 1 million d'années
L’évolution de la radiotoxicité du combustible usé met en évidence la prédominance du plutonium. Celui-ci l’emporte sur les produits de fission 50 ans environ après la sortie du réacteur.
Source CEA

L’activité décrit imparfaitement le risque radioactif. Elle ne prend pas en compte les grandes différences de nocivité d’un atome radioactif à l’autre, ainsi que la nature des rayonnements émis et les conditions d’exposition.

Par exemple, l’énergie des rayons alpha du plutonium est environ 1000 fois celle des électrons bêta du tritium. Les rayons alpha sont très toxiques quand ils sont présents dans la matière vivante. Par contre, arrêtés par l’épaisseur d’une feuille de papier, ils ne présentent aucun danger si l’exposition est externe.

Comment évaluer le risque avec réalisme ? Normalement, on fait tout pour qu’un atome radioactif appartenant à un assemblage de combustible usé ou à un déchet radioactif, reste à jamais piégé au sein de ce matériau, ou du moins jusqu'à ce qu’il ait perdu sa nocivité. Sauf exception, il n’entrera pas en contact avec la matière vivante et ses rayons les plus pénétrants ne nous atteindront pas s’il se trouve enfoui assez profond.


Mobilité

Le danger viendra de la petite minorité des atomes radioactifs qui seront arrivés à migrer du déchet vers la sphère du vivant pour être avalé ou respiré (ce que l’on appelle ingestion) par nos lointains descendants. Le risque présenté par un élément radioactif ingéré dépend de la mobilité de l’atome et de sa toxicité. Le plutonium et les actinides mineurs, qui sont généralement des émetteurs alpha, sont nettement les plus toxiques. Ces noyaux lourds sont heureusement très peu mobiles. Les produits de fission le sont davantage, à travers quelques espèces telles que l’iode, le césium , et dans une moindre mesure le technétium

Faute de pouvoir prévoir la quantité d’atomes radioactifs qui seront ingérés dans un futur lointain, physiciens et ingénieurs font la pire des hypothèse ; ils seront tous un jour avalés ou respirés. Ils introduisent ainsi un indicateur, appelé « radiotoxicité potentielle» destiné à comparer les déchets entre eux. Quand les adversaires du nucléaire se saisissent de cet indicateur « diabolisant », ils omettent de rappeler comment il est calculé.

La diminution avec le temps de la radiotoxicité potentielle ressemble à celle de l’activité. Son avantage est de mieux décrire l’évolution du risque, car il accorde beaucoup de poids aux éléments les plus toxiques le plutonium et les actinides mineurs.

Un déchet vitrifié, dont on aura retiré le plutonium, sera en conséquence moins toxique qu’un combustible laissé dans l’état. C’est un des arguments mis en avant pour justifier le retraitement, à condition que le plutonium soit réutilisé par ailleurs. La radiotoxicité sert aussi à comparer des combustibles. Ainsi, un combustible usé MOX sera plus toxique qu’un combustible usé à l’uranium car il contient davantage de plutonium et d’actinides mineurs.

Sujets voisins : Sortie du réacteur , Burn-up, Composition, Décroissance de l'activité, Chaleur dégagée


Voir aussi :

Radiotoxicité potentielle