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Radiotoxicité potentielle
Un indicateur utile à utiliser à bon escient
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[Facteurs de dose, Nuisance réelle]
On évalue souvent le danger présenté par une substance radioactive à l'aide d'une quantité appelée " radiotoxicité potentielle ". Cette radiotoxicité concerne les irradiations internes, les irradiations externes étant considérées séparément. L'irradiation interne est nocive car l'organisme n'est pas protégé contre les émetteurs alpha et bêta implantés à demeure, les gamma étant moins dangereux car déposant leur énergie d'une manière diluée et une fraction s'échappant sans avoir interagi.
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Expositions internes : radiotoxicité des alpha La figure illustre les dangers de l'ingestion d'émetteurs alpha et bêta qui se fixeraient durablement dans l'organisme, alors que ces mêmes rayons sont peu dangereux à l'extérieur. Dans un tissu dont la densité est voisine de celle de l'eau, des alpha comme ceux du radium ou du plutonium déposent leur 5 MeV d'énergie sur une distance ultracourte d'une cinquantaine de microns. Ces alpha sont à même d'atteindre des cellules sensibles de l'os et d'induire un ostéosarcome. Dans le cas d'un émetteur bêta comme le strontium-90 qui se fixe aussi sur les os, les rayons bêta, moins énergiques mais plus pénétrants, peuvent atteindre la moelle épinière et être à l'origine de leucémies.
IN2P3 |
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La radiotoxicité potentielle constitue pour le vivant un meilleur indicateur des risques que l'activité, mais elle n'est qu'une " toxicité en puissance ". Comme les poisons de Locuste, une célèbre empoisonneuse de l'Antiquité, les éléments radioactifs doivent pénétrer dans l'organisme pour exercer leurs ravages. Heureusement les chances pour que cela survienne sont, sauf accident, très petites. Le qualificatif " en puissance " étant généralement oublié, la radiotoxicité potentielle est souvent prise pour une toxicité réelle, générant ainsi malentendus et peurs.
L'ingestion ou l'inhalation d'un radioélément se traduisent par une dose dite engagée, car ses effets sont à venir et s'étalent sur de longues durées pouvant atteindre la vie entière. Il faut prendre en compte la façon dont les produits radioactifs sont éliminés ou fixés par le corps, la nature des rayonnements et les temps de désintégration.
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 Hiérarchie des facteurs de doses
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Il existe une grande hiérarchie de radiotoxicité. À activité égale, le tritium est le radioélément le moins radiotoxique. En sens inverse, la plupart des noyaux plus lourds, comme l'uranium, le plutonium, et les actinides sont très radiotoxiques car ils sont émetteurs de rayons alpha . Le plutonium-239 est ainsi 14000 fois plus radiotoxique que le tritium.
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La faible nuisance du tritium est due à l'énergie particulièrement faible de ses électrons bêta (0,018 MeV au maximum) et au fait que cet isotope de l'hydrogène est généralement éliminé de l'organisme avant de s'être désintégré (sa période biologique n'est que de 10 jours). Au contraire, le plutonium est toxique car c'est un émetteur alpha qui peut se fixer dans les os et le foie pour une longue durée. Le plutonium et les actinides sont très peu mobiles, ce qui réduit leur probabilité d'être absorbés.
Sujets voisins : Effets biologiques, Relations dose – effet, Relation linéaire sans seuil, Effets des faibles doses
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Voir aussi :
Matière et rayonnements Effets des particules chargées Dose efficace
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