Accident de Tchernobyl

1986 en Ukraine : le plus grave accident nucléaire

[Les circonstances, Les liquidateurs, Rejets et dépôts radioactifs, Conséquences sanitaires, Tchernobyl aujourd'hui]

Le réacteur de Tchernobyl appartenait à la filière RBMK développée dans l'ancienne Union Soviétique et les pays d'Europe de l'Est. Il s'agit de réacteurs à uranium enrichi modérés au graphite et refroidis à l'eau bouillante, qui présentent des faiblesses, en particulier des instabilités de fonctionnement (*). Ces instabilités ne sont cependant pas la cause première de la catastrophe.



Survol du réacteur accidenté
Un hélicoptère survole le site de Tchernobyl quelques jours après l’accident pour permettre aux experts d’évaluer les dommages s subis par le réacteur. (Ukraine, 1986)
Ukrainian Society for Friendship and Cultural Relations with Foreign Countries

Le 26 avril 1986, au cours d'une expérience d'amélioration de sécurité, et à la suite de plusieurs erreurs de jugement, un réacteur de la centrale de Tchernobyl s'emballe et explose. L'équipe de conduite avait voulu profiter d'un arrêt du réacteur pour étudier le refroidissement du cœur dans l'éventualité d'un non démarrage des circuits de secours.

Elle a fait fonctionner le réacteur à des régimes interdits par des consignes d'exploitation et a supprimé les dispositifs de sécurité permettant de l'arrêter. Il a fallu six erreurs humaines graves pour engendrer la catastrophe.

L'absence d'une enceinte de sécurité extérieure a aggravé son ampleur. Environ 4 % des substances radioactives contenues dans le réacteur furent rejetées dans l'atmosphère, dont 50 % du césium et de l'iode et 100 % du xénon. Le nuage radioactif s'éleva à 10 000 mètres d'altitude. Les vents l'ont étalé sur des millions de kilomètres carrés et l'ont entraîné vers l'ouest et le nord de l'Ukraine. Au moment de l'émission, l'activité du nuage provenait pour 46 % d'iode-131, 36 % de tellure 132, 7 % de baryum-140, de 4 % de césium-137 et 2 % de césium-134 (*).

Les doses reçues dans les trois ans après l'accident par les 273000 personnes habitant les zones contaminées près de la centrale sont en moyenne de 35 mSv et varient de 5 à 200 mSv. Les doses reçues par les populations européennes varient de 0,05 à 0,5 mSv l'année de l'accident. Rappelons que la radioactivité naturelle nous expose à environ 2,4 mSv par an. Nos sociétés prospères oublient parfois que la catastrophe est d'abord ukrainienne, biélorusse et russe. Ses victimes passées et futures le sont aussi.


Voir aussi :

Le césium de Tchernobyl
Accidents nucléaires