|
[Cancers de la thyroïde, Effets tératogènes, Querelles de chiffres, Incertitudes ..., Impacts psychologiques]
Il est difficile de dresser un bilan approché des conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl. En dehors des effets directs et immédiats sur les personnes présentes sur le site au moment de la catastrophe, les pathologies sont principalement des cancers qui surviennent des années après l'exposition. Ces cancers ne sont pas spécifiques d'une exposition à des substances radioactives. Pour évaluer leur nombre, il faut déceler un excès de cancers dans les populations exposées par rapport aux populations non exposées : une tâche délicate qui demande un suivi sur des dizaines d’années et un système de santé performant.
|
 Décès précoces à Tchernobyl
 Cancers de la thyroïde en Ukraine et Biélorussie
|
 |
|
Les principales victimes sont les 6 et 7 millions de personnes qui vivaient près de Tchernobyl en Ukraine, Russie et Biélorussie. Parmi cette population, une épidémie de cancers de la thyroïde est clairement imputable à l’accident (* ). Un bilan de 2005 fait état de 4000 cas chez les enfants et les adolescents qui avaient moins de 18 ans en 1986. Comme cette maladie est rare à cet âge, les cas relevés dans la région de Tchernobyl sont indiscutablement dus à la catastrophe.
Les décès par cancer de Tchernobyl sont souvent déduits de ceux observés à Hiroshima et Nagasaki par une règle de trois : tant de sieverts donnent tant de morts, etc.... Ces évaluations sont à accueillir avec prudence. L'application mécanique d'une règle de trois masque de grandes incertitudes. Les circonstances ne sont pas comparables.
|
|
A Hiroshima et Nagasaki, en dehors de l'effet de souffle et des brûlures, c’est le rayonnement intense de neutrons et gamma "prompts" après l'explosion de la bombe qui a provoqué les décès(* ). A Tchernobyl, les rayonnements ont été émis avec des débits de dose beaucoup plus faibles. Toute comparaison entre les deux catastrophes devrait tenir compte de la disparité des causes, mais c'est difficile.
D’après le rapport d’experts publié en 2006 par l’AIEA, 9300 cancers mortels imputables à l'accident de Tchernobyl pourraient survenir, leur vie durant, chez les habitants de l'ex-URSS et les liquidateurs. Il sera difficile de déterminer le nombre réel de décès résultant de ces cancers qui ne se distinguent pas de ceux bien plus nombreux provoqués par les autres facteurs de risque. Selon les catégories, ces décès supplémentaires représenteraient de 0,6 à 5 % des décès par cancers normalement attendus.
En dehors des cancers de la thyroïde, des augmentations de morbidité et de mortalité dues à des problèmes circulatoires ont été récemment rapportées parmi les liquidateurs ayant participé aux interventions d’urgence et aux nettoyages. Ces incidences de problèmes circulatoires doivent être interprétées avec prudence, car elles peuvent être confondues avec d’autres causes que les radiations comme le stress ou des modes de vie dangereux conséquences du traumatisme de ces interventions.
Aucune augmentation des leucémies - pourtant attendue des experts - n'a été observée à ce jour parmi la population des pays les plus touchés et chez les « liquidateurs ». De même, il n'y a pas eu d'augmentation claire de malformations congénitales dans les territoires les plus contaminés.
La non-observation de cancers, dont beaucoup ne se sont pas encore déclarés, ne signifie pas une absence d'effets. Une augmentation faible peut ne pas être décelée avec les moyens existants. Par contre, les conséquences psychologiques de la catastrophe sont très claires : l'accident, l’angoisse de vivre, ou d’avoir vécu, dans un environnement contaminé ont gravement affecté l’existence et le comportement des populations.
Sujets voisins : Les circonstances, Les liquidateurs, Rejets et dépôts radioactifs, Tchernobyl aujourd'hui
|