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Le train de l'enfer
5-9 novembre 2010 : Un transport médiatisé de déchets vitrifiés
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Un trajet chaotique L'itinéraire du onzième convoi ferroviaire transportant des déchets radioactifs de la France vers l'Allemagne a été modifié de nombreuses fois lors de trajet du 5 au 9 novembre 2010 en raison de la mobilisation des organisations antinucléaires. Plusieurs milliers d'opposants français et surtout allemands au nucléaire s’opposèrent au convoi présenté comme le « le plus radioactif de l'Histoire. Finalement, le train arriva à sa destination le 9 novembre après bien des tribulations.
DR |
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Un « Tchernobyl roulant », « le train de l’enfer », "le transport le plus radioactif qui ait jamais eu lieu", les médias et les mouvements antinucléaires ne manquèrent ni d'adjectifs, ni d’imagination pour décrire le convoi de déchets vitrifiés parti de Valognes le vendredi 5 novembre 2010 à destination du site d’entreposage de Gorleben en Allemagne. Durant cinq jours les chaînes de télévision, les journaux gratuits du métro donnèrent un grand retentissement aux tribulations du convoi..
Le train de 14 wagons transportait 154 tonnes, soit 308 conteneurs, de déchets vitrifiés issus du retraitement à l'usine de La Hague de combustibles usés des centrales nucléaires allemandes. Dans le cadre d'accords entre les deux pays et selon la législation internationale, ces déchets doivent revenir dans leur pays d'origine, après un entreposage de quelques années à la Hague. Ils sont rapatriés en Allemagne à Gorleben où existent des installations d’entreposage.
Le convoi du 5 novembre était le onzième d’une série de 12 convois prévus entre la France et l’Allemagne. Ces transports ont toujours été l’objet de violentes contestations de mouvements anti-nucléaires. C’est au cours de celui de 2004 qu’un militant perdit pour rien la vie. Le onzième convoi ne fit pas exception à la règle, Le transport dura 4 jours.
Les organisations Greenpeace et Sortir du Nucléaire affirmèrent que le "transport le plus radioactif qui ait jamais eu lieu" concentrait "au moins deux fois plus de radioactivité que le total des pollutions radioactives émises par la catastrophe de Tchernobyl" : Une outrance qui frôlait le ridicule selon Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva.
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Les emballages CASTOR Le convoi arrivé à son terminus. La police allemande patrouille le quai. Les 154 tonnes de déchets nucléaires retraités à La Hague pour le compte de centrales allemandes étaient répartis dans 28 emballages CASTOR contenant 11 fûts ou conteneurs de déchets vitrifiés. Les CASTORS (Cask for storage and transport of radioactive material) sont conçus pour atténuer les radiations et résister aux accidents. Si ce n'état pas le cas la patrouille des policiers serait moins tranquille.
Le Point.fr © Michael Probst/AP/SIPA |
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Ce convoi est-il dangereux ?
Un interview dans le Monde de M.Thierry Charles, directeur de la sûreté en charge des transports des déchets à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ramène l’événement à ses dimensions.
Quels types de déchets ce convoi contient-il ? « L'opération de traitement sépare les matières énergétiques recyclables des déchets non recyclables, dits "ultimes". Les combustibles usés contiennent en effet environ 95 % d'uranium et 1 % de plutonium qui peuvent être réutilisés pour produire de l'électricité. Les 4 % restants sont des produits de fission et des actinides mineurs générés par les réacteurs nucléaires. Ce sont ces déchets hautement radioactifs que la France renvoie en Allemagne. »
Comment la sûreté du convoi a-t-elle été assurée ? « Les produits de fission et actinides sont tout d'abord coulés dans des blocs de verre pour assurer leur confinement. Ils sont ensuite placés dans des conteneurs en acier inoxydable dont le couvercle est soudé. Enfin, ces conteneurs sont disposés dans d'autres emballages en acier, les CASTOR, d'une épaisseur de 25 cm en moyenne. »
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 Train de l’enfer ? Tchernobyl roulant ?
 Manifestants enchaîné aux rails
 ... et policiers
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Le rôle de cet emballage est de confiner les matières fortement actives en cas d'accident et d’atténuer leurs rayonnements radioactifs. Concernant les accidents, ces conteneurs doivent subir une batterie d'épreuves prévues par la réglementation internationale .
Les Castor doivent aussi atténuer les radiations. Ils suivent une réglementation édictée par l'AIEA: le débit de dose, c'est-à-dire le niveau d'irradiation reçu par l'homme, ne doit pas dépasser 2 millisieverts par heure (2 mSv/h) au contact de l'emballage et 0,1 mSv/h à deux mètres du convoi. Il y a donc bien des radiations aux abords du convoi, mais d'après les mesures effectuées par Areva et par l'IRSN, le seuil maximum n'a pas été dépassé.
Au final, ce n'est pas dangereux. « C'est d'ailleurs la onzième fois qu'un train contenant de tels conteneurs est envoyé en Allemagne. Des déchets belges ou suisses sont aussi traités à La Hague et renvoyés dans leurs pays d'origine. Cette fois-ci, si les associations écologiques s'alarment, c'est que le convoi contient un grand nombre de conteneurs : il transporte onze Castors contenant 28 conteneurs chacun, soit 308 au total. En moyenne, les précédents convois en transportaient 240. Mais que l'on mette dix ou onze Castor sur le train, cela ne change pas grand chose … . »
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Questions de fond
Les convois de déchets radioactifs sont pour les militants antinucléaires une cause emblématique. Mais pour un esprit cartésien, la mise en scène et le retentissement médiatiques défient la compréhension. Que dirait-on si de guerre lasse on plantait ces déchets en pleine nature ? Après-tout si l'on traite et vitrifie ces matières radioactives c'est pour protéger l'environnement y compris celui de ceux qui se couchent sur les rails !
Pour les déchets vitrifiés, l’argument des Verts selon lequel il ne fallait pas les entreposér à Gorleben - "il n'y a là qu'un hangar" – n’est pas justifié. L’Allemagne n’est pas une république bananière, ses ingénieurs sont réputés et le « Hangar » de Gorleben ressemble plus aux installations modernes de la Hague qu’à un hangar à tous vents. Par ailleurs retourner les déchets dans les centrales en les dispersant comme aux USA présenterait des inconvénients.
Les habitants de Gorleben redoutent que ces déchets soient un jour enfouis et pas seulement entreposés. Mais là ou ailleurs, il faudra s'occuper de leur devenir à long terme: on ne pourra pas les envoyer dans le tiers monde comme le fit l'industrie pharmaceutique. Pour résoudre le problème il faudrait donner davantage la parole au bon sens et écouter davantage ingénieurs et scientifiques.
Le danger de l’exploitation médiatisée des peurs - le Tchernobyl roulant – est la désinformation. Les responsables politiques craignent toujours de perdre les élections. Face à des électeurs déboussolés, auront-ils le courage de prendre les décisions nécéssaires pour le bien commun ?
Sujets voisins : Transports de haute activité, Sécurité des transports, Incidents de transports
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Voir aussi :
Diaporama Le Point Composition du combustible usé Opérations de retraitement Vitrification (HA) Tenue des verres R7T7 Déchets vitrifiés
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