Perspectives des RNR



Quel avenir pour les réacteurs à neutrons rapides ?

En 1973, après la guerre du Kippour et le « choc pétrolier » qui suivit, les nations industrialisées craignirent de manquer de pétrole et donc d'énergie. La filière des surgénérateurs semblait promise à un grand avenir, car la quantité d'énérgie qu'ils permettaient de produire à partir d'une quantité d'uranium donnée était très supérieure à celles de réacteurs classiques. La France s'engagea avec PHENIX d'abord puis SUPERHENIX dans la voie des surgénérateurs.

On prévoyait que les ressources pétrolières seraient épuisées en l'an 2000, et les ressources d'uranium paraissaient limitées. Ces prédictions se sont révélées fausses. La découverte de nouveaux gisements a reculé de plusieurs dizaines d'années la perspective d'un épuisement des ressources pétrolières.


Surgénérateur SUPERPHENIX de Creys-Malville dans le Bugey

Les risques du sodium liquide, le coût d'une exploitation délicate, la pression des mouvements écologiques conduisirent le gouvernement Français à décider, en septembre 1997, de démanteler SUPERPHENIX. Ce réacteur à neutrons rapides avait atteint le stade industriel et produit de l'électricité. Des experts venaient de recommander de le transformer pour l'incinération des déchets.

La décision de démanteler SUPERPHENIX a eu pour conséquence l’arrêt de la seule voie d'incinération des déchets radioactifs qui avait atteint un stade industriel *. La transmuation des déchets a peit être été de ce fait retardée de dizaines d'années.

La voie des réacteurs à neutrons rapides n'est pas la seule façon de brûler ces déchet, mais l'alternative des réacteurs couplés à un accélérateur n'est pas prévue avant une vingtaine d'années. Le prototype de ces réacteurs sûrs, capables d'incinérer des déchets, est attendu au mieux vers 2015.

Le coût du démantèlement du réacteur sera élevé, il faudra se débarrasser d'une grosse quantité de sodium qui s'enflamme exposé à l'eau ou à l'air. Il est prévu d'étaler l'opération sur plusieurs années.

L'émergence industrielle de grands pays comme l'Inde et la Chine peut conduire à un épuisement des ressources fossiles plus rapide que prévu. On se préoccupe maintenant de l'effet de serre et des changements climatiques produits par le CO2.

Il est donc possible que les réacteurs à neutrons rapides, surgénérateurs ou non, soient développés à nouveau. Telle est l'option choisie en tous cas, pour la plupart des concepts envisagés pour les réacteurs de quatrième génération. Ces réacteurs du futur pourraient avoir recours à d'autres réfrigérants que le sodium ou le plomb (on parle d'hélium sous haute pression). Ils auront à subir la concurrence d'autres techniques.

Sujets voisins :Pourquoi des neutrons rapides ? , Pourquoi du sodium et du plomb fondu ?


Voir aussi :

Réacteurs hybrides
Génération IV