Etats d'énergie du noyau



Des analogies avec l'atome



Spectre gamma
La conséquence de l'existence de niveaux d'énergie dans les noyaux est l'émission de photons gamma d'énergies caractéristiques. Ces gamma sont de véritables empreintes digitales, utilisées pour identifier la présence des noyaux radioactifs dans un échantillon de matière. L'image montre la répartition en énergie des photons sortant d'un tel échantillon et dont l'énergie a été mesurée avec une grande précision. On aperçoit une suite de raies caractéristiques des éléments présents. Le fond continu est dû à des gamma incomplètement détectés. Il s'agit bien de gamma car l'énergie de ces photons dépasse la centaine de milliers d'électronvolts, énergie maximale des rayons X issus des atomes.
IN2P3

Les noyaux sont a priori très différents des atomes. Cent mille fois plus petits, ils sont plus complexes. La matière nucléaire est compacte alors que l'espace atomique est essentiellement constitué de vide. Pourtant noyaux et atomes présentent des traits communs.

Les noyaux sont également gouvernés par les lois de la mécanique quantique qui prennent le pas sur celles de la mécanique classique à l'échelle microscopique. Le noyau ne peut se retrouver que dans un nombre limité d'états. Ces « états » sont caractérisés en premier lieu par une énergie. L'état que le noyau finit par atteindre quand il est livré à lui-même est celui dont l'énergie est minimum : c'est l'état « fondamental ».


Spectre gamma du cobalt-60


Niveaux d'énergie du Nickel-60

Quand le noyau se trouve dans un autre état, il dispose d'un supplément d'énergie. Il retourne à l'état normal (celui de repos maximum) et se débarrasse de son énergie d'excitation en émettant un photon d'énergie caractéristique, appelé photon γ ou gamma. Ces photons sont de même nature que les photons et rayons X émis par les atomes, mais leur énergie est beaucoup plus grande : couramment de l'ordre du million d'électronvolts (MeV).

Les états d'énergie de la communauté de nucléons assemblée en noyau sont variés. Tout d'abord, on observe, comme dans l'atome, l'existence de couches. Les énergies de liaison des nucléons du noyau ne peuvent prendre qu'une suite de valeurs imposées correspondant à autant de « couches ».

Par exemple, des configurations avec 2, 8, 20, 28, 50, 82, 126 nucléons d'une espèce confèrent une stabilité plus grande au noyau. Il y a analogie avec la stabilité des atomes de gaz rares dont la couche externe est complète. Ces nombres sont dits « magiques ».

En plus de cette structure en couches, le noyau peut avoir des mouvements collectifs qui correspondent à de nouveaux états. Ainsi la communauté de nucléons peut entrer en vibration. Les énergies de ces vibrations ne peuvent prendre que des valeurs bien déterminées, en vertu de la mécanique quantique.

Enfin, le noyau n’est pas forcément sphérique, il peut se déformer et subir un mouvement de rotation collectif. Les énergies de ces états de rotation ne peuvent prendre qu'une série de valeurs déterminées. On dit qu'elles sont quantifiées.

Sujets voisins : Proton, Neutron, Isotopes


Voir aussi :

Niveaux d'énergie atomiques
Carte interactive des noyaux NuDaté (BNL)