Inventaire



Dresser l’inventaire des matières radioactives

[Panorama, Matières valorisables, Classement des déchets, Déchets radioactifs divers]

Les matières radioactives sont très variées. Elles diffèrent par leurs propriétés physiques et chimiques, par l’intensité et la nature des rayons émis, par les risques encourus. Les volumineux rebuts des mines d’uranium dont s’échappe un peu de radon n’ont presque rien en commun avec les résidus vitrifiés de la Hague. Il faut adapter la gestion de chaque catégorie de déchets à leurs caractéristiques. Pour bien gérer, il faut bien connaître et dresser un inventaire complet des déchets.

Pour la gestion , cet inventaire repose sur deux critères de classement :
- L'activité qui détermine les moyens de protection à mettre en œuvre et qui peut être très faible (TFA), faible (FA), moyenne (MA), ou haute (HA) ;
- La durée de vie des principaux éléments radioactifs présents qui détermine la durée de la protection à envisager. Les radioéléments dont la période radioactive est inférieure à 30 ans sont dits à vie courte (VC). Tout est relatif ! Les autres sont dits à vie longue (VL).



Premier critère : le niveau d’activité
Le niveau d’activité d’un déchet est défini par le nombre de désintégrations par seconde (becquerels) survenant dans un gramme de matière. L’activité et le risque radiologique varient dans de très grandes proportions Entre les ferrailles et gravats à peine radioactifs des déchets de très faible activité et les verres coulés à la Hague il y a un facteur 100 millions.
ANDRA

Les déchets présentant le moins de risques sont ceux de très faible activité (TFA) ou de faible activité à vie courte (FA-VC). De loin les plus volumineux, ce sont aussi ceux dont la gestion est opérationnelle. A l’opposé, on trouve les déchets de haute activité sortis des réacteurs qui concentrent sous un volume réduit presque toute la radioactivité. D’une manière générale, plus le volume d’une catégorie de déchets est considérable, plus l’activité et les risques sont faibles.


Deux critères de classement des déchets

Les matières très radioactives issues du combustible usé des réacteurs sont à gérer en priorité. Les plus gros producteurs en sont naturellement les compagnies productrices d’électricité. Durant leur fonctionnement, les réacteurs libèrent dans l’environnement - grâce au luxe de précautions prises - une infime quantité de radioactivité. Il s’agit de faire aussi bien quand le combustible irradié est déchargé du cœur des centrales. La tâche s’avère relativement aisée à l’horizon de quelques dizaines d’années, mais il faut relever le défi à l’échelle des siècles.

Si cruciales soient-elles, les matières radioactives produites par les réacteurs ne sont pas les seules qu'il faut gérer. Un inventaire complet doit aussi inclure les autres déchets du cycle nucléaire, ceux – généralement gardés secrets – du nucléaire militaire, et ceux générés par l’industrie, les hôpitaux et les laboratoires. Il y a également les déchets anciens dont on ne s’est pas encore occupé et des déchets futurs dont on n’a pas encore eu à s’occuper comme ceux qui proviendront du démantèlement des centrales en activité.


Voir aussi :

Site de l'Andra sur les déchets radioactifs
Combustible usé