Nuisance réelle

De multiples obstacles limitent la toxicité radioactive

La radiotoxicité potentielle rend mieux compte du risque dû aux rayonnements que l'activité. Il est d'usage que les experts considèrent la diminution au cours du temps de la radiotoxicité des déchets radioactifs plutôt que celle de leur activité.

La radiotoxicité potentielle est cependant loin de représenter la " nuisance réelle " d'une substance radioactive parce que seule heureusement une minime fraction de ces substances est ingérée par l'homme dans la plupart des cas.

Si tout l'iode-131 relâché lors de l'accident de Tchernobyl avait été ingéré exclusivement et à parts égales par les humains vivant en Europe, chacun des 500 millions d'Européens aurait été exposé à une dose efficace mortelle de 122 sieverts. Or, la dose moyenne réellement subie par les 5 millions de personnes les plus exposées vivant dans la zone la plus contaminée est estimée à une valeur 6 000 plus petite de 0,020 sievert.

Les calculs très complexes des doses effectivement subies et donc de la nuisance réelle font intervenir d'innombrables facteurs. Pour reprendre l'exemple de Tchernobyl, il a fallu prendre en compte les vents qui ont emporté le panache, les pluies qui en ont ramené une partie au sol et les reliefs qui en ont intercepté une autre partie. Il y a ensuite les multiples façons dont les substances radioactives sont absorbées par les végétaux et remontent la chaîne alimentaire. Il ne faut pas oublier les mesures de sauvegarde prises - évacuation des populations, contrôle des aliments - sans omettre les facteurs politiques et les carences des autorités.


Radiotoxicité du combustible usé


Barrières protectrices

Dans le cas du stockage des déchets radioactifs, le rapport entre nuisance réelle et radiotoxicité potentielle est plus favorable que pour un accident. Dans le premier cas, les ingénieurs multiplient les barrières pour piéger les matières radioactives et retarder la dispersion; dans le second cas rien ne freine leur dispersion.

Pour les déchets radioactifs, on est très exigeant sur la qualité des barriéres et la réduction de leur nuisance effective. Divers scénarios évaluent la tenue de ces barrières pendant des centaines, voire des milliers d'années. A cette échelle de temps, comment tiendront les matrices, les conteneurs, les ouvrages souterrains et les couches géologiques qui gardent captive cette radioactivité ? Quelle proportion restera sur place comme à Oklo et quelle autre sera ramenée à la surface par l'eau souterraine ? A quel rythme ?

Sujet voisin :Facteurs de dose



Oklo, vestiges d'un réacteur naturel
Ce pan de falaise sur le site des mines d'uranium d'Oklo au Gabon porte les traces du fonctionnement d'un réacteur fossile découvert dans les années 1970. Seize réacteurs « naturels » ont fonctionné à Oklo pendant plusieurs centaines de milliers d'années, il y a deux milliards d'années. Un concours de facteurs favorables, dont en particulier la teneur en uranium 235 fissile qui était beaucoup plus élevée que maintenant, contribuèrent à ce phénomène extraordinaire.
CEA

Voir aussi :

Dose efficace
Oklo