Programmes de démantèlement

Un pas modeste vers une réduction des arsenaux nucléaires

[Destruction de l'uranium militaire, Des Mégatonnes aux Mégawatts, Destruction du plutonium militaire, Programme Pu-239, L'initiative Nunn-Lugar]

Quand il s'agit des bombes atomiques, les dangers de la radioactivité passent au second plan. Les deux principaux acteurs de la guerre froide - les Etats-Unis et l'URSS - ont accumulé à eux seuls des arsenaux de plusieurs milliers de bombes à même de balayer toute vie à la surface de la Terre.

Dès avant la chute du mur de Berlin en 1990, cette perspective terrifiante avait amené les deux puissances rivales à signer des accords visant à réduire leurs arsenaux. Les Etats-Unis et la Russie, héritière de l'ex-URSS, se sont mis d'accord pour que les matériaux nucléaires déclarés en surplus des besoins estimés de leur défense nationale soient convertis en combustibles pour être brûlés dans des réacteurs civils.

Pour réduire la menace nucléaire, le premier pas consiste à démonter les ogives nucléaires, à éliminer les missiles et leur panoplie de lanceurs. D'importants efforts dans la lignée des traités START1 et START2 ont été faits pour éliminer ces « vecteurs » à même d'expédier les bombes sur l'adversaire, ainsi que les silos où ces armes étaient stockées. En raison de la décrépitude financière, où la Russie se trouvait durant la période Eltsinienne, les USA ont même aidé à financer une partie de ce désarmement dans le cadre de l'initiative Nunn-Lugar.


Destruction de l'uranium militaire (HEU)


Destruction de l'uranium militaire


Destruction du plutonium militaire russe

Mais tant que les matières fissiles des bombes ne sont pas détruites, il reste la possibilité de les réutiliser pour de nouvelles bombes. Le pas ultime consiste donc à éliminer ou à mettre hors d'état de servir la matière explosive des bombes : l'uranium et le plutonium de qualité militaire.

Bien que les surplus de ces matières déclarés par les USA et l'ancienne Union Soviétique soient loin de couvrir l'ensemble de leurs arsenaux, la disposition de ces surplus signifie l'élimination de milliers de bombes. Le démantèlement partiel entrepris prendra du temps. Il est insuffisant pour l'homme de la rue qui voudrait tout et tout de suite. Toutefois il faut se réjouir de ce pas dans la bonne direction et espérer que les générations suivantes accélèreront le mouvement.

L'uranium de qualité militaire est un uranium hautement enrichi, à plus de 90% en uranium-235 fissile. Le destruction en est facile. Il suffit de diluer l'isotope 235 que l'on a si péniblement enrichi avec par exemple de l'uranium naturel. Pour le plutonium-239, diluer est impossible car on ne dispose pas de plutonium naturel. Mais on peut le brûler dans des réacteurs civils. Une fois passé en réacteur, le matériau est devenu impropre à la fabrication d'armes.

La destruction de l'uranium très enrichi, de loin la plus simple, est en cours depuis 1994. Quand le programme prévu sera terminé, 500 tonnes d'uranium russe de qualité militaire et 174 tonnes américaines auront été détruites.

Les stocks mondiaux de plutonium de qualité militaire sont estimés à quelques 260 tonnes. Sur ce total, les deux parties ont accepté de détruire chacune 34 tonnes déclarées en surplus. Pour la destruction de ce plutonium, le recyclage sous forme de combustible MOX dans des réacteurs civils a été retenu aux USA en 2001. Deux usines de fabrication de combustible MOX à partir de ce plutonium seront construites aux USA et en Russie. L'élimination effective du surplus américain débuterait à partir de 2008-2010 à raison de 2 tonnes par an.

Sujets voisins :
Armes nucléaires, Projet Manhattan, Nagasaki, Atoms for peace


Voir aussi :

Démantelement de l'uranium aux USA