Radiothérapies



Des rayons X mais pas de radioactivité

Par radiothérapies on désigne aujourd'hui tous les traitements de cancers à base de rayonnements d'ionisants, sans distinguer l'origine de ces rayonnements, atomique (rayons X), nucléaire, ou particule produite par des accélérateurs.

Rappelons d'emblée que rien ne permet, à énergie égale, de distinguer un photon X d'un photon gamma, ni un électron issu de l'atome d'un autre provenant de son noyau. Les effets biologiques sont rigoureusement les mêmes, quelle que soit l'origine du rayonnement ou de la particule. Par contre, les techniques d'utilisation peuvent varier selon la source de rayonnement :



Accélérateurs en radiothérapies
En téléradiothérapie, on utilise de plus en plus maintenant des accélérateurs linéaires qui délivrent des gamma ou des électrons dont l'énergie est très supérieure à celle des gamma du Cobalt 60 : jusqu'à 30 MeV au lieu de 1 MeV. Outre l'avantage d'une énergie plus élevée et réglable, les accélérateurs permettent de diriger les rayons sur la tumeur avec une bien meilleure précision qu'en cobaltothérapie. On dénombrait en 2003 en France 260 accélérateurs contre 104 télécobalts, une tendance qui s'est accentuée depuis.
ASN/Rapport 2003

- En radiuthérapie, on se sert généralement de sources extérieures au patient : c'est le cas de la téléradiothérapie, technique largement majoritaire aujourd'hui utilisant des rayons X générés par des particules accélérées, ou encore des rayons gamma émis par des substances radioactives comme le cobalt-60 (« bombes » au cobalt). Les rayonnements traversent une partie du corps avant d'atteindre leur cible, par exemple une tumeur profonde.

On essaiera, par divers artifices (sources mobiles autour du malade et écrans de plomb télécommandés permettant une radiothérapie « conformationnelle » adaptée à la forme de la tumeur, absorption sélective de certains rayonnements à une profondeur donnée) de réduire au maximum la dose en surface pour concentrer le dépôt d'énergie au niveau de la cible.

-On a pu aussi, en utilisant cette fois uniquement des sources radioactives, implanter des « aiguilles » de radium (remplacé actuellement par l'iridium 192 ou l'or 198) dans le corps même d'une tumeur. C'est le principe de la « curiethérapie » mise au point dès le début du XXème siècle par Claudius Regaud. Bien que relativement limitée, son utilisation perdure de nos jours dans certains cas précis (citons notamment les capsules d'iode-125 dans les cancers de la prostate, directement insérées dans le tissu tumoral).

- Enfin, on peut profiter des nombreux vecteurs mis à notre disposition par les progrès de nos connaissances en biologie et en physiopathologie pour « associer » un corps radioactif à un métabolisme ou à un produit du métabolisme qui va ensuite aller se localiser de lui-même dans la zone tumorale ou à proximité. C'est le principe de la « radiothérapie métabolique ».

Bien entendu, ces techniques sont combinées à la chimiothérapie et aux interventions chirurgicales pour définir, dans chaque cas, la stratégie thérapeutique la plus efficace possible.

Dans l'avenir, on devrait connaître rapidement bien des améliorations : en téléradiothérapie, on se dirige de plus en plus maintenant vers des accélérateurs linéaires qui délivrent des photons X ou des électrons accélérés sous de hautes énergies. On commence aussi à utiliser la protonthérapie (le proton est une arme de choix dans la destruction cellulaire, car il offre la possibilité en modulant l'énergie de régler la dose en fonction de la profondeur à atteindre dans l'organisme)

Yvon Grall (*)

Sujets voisins : Thérapies métaboliques, Curiethérapies, Thérapies avancées, Doses en thérapies, Risques secondaires