Six concepts



Plus que de simples réacteurs : six systèmes à l'étude


Intérêts pour les 6 concepts

Six concepts de réacteurs ont été retenus pour la génération IV. La plupart seraient économiques, sûrs et résistants à la prolifération. Quatre types de réacteurs sur six régénéreraient leur combustible et seraient donc compatibles avec un développement durable du nucléaire d'autant qu'il est prévu que chaque réacteur brûle les actinides mineurs qu'il produit..

Les six systèmes de réacteurs, dont la production d'électricité serait la principale mais non la seule application, sont les suivants :

SFR (Sodium-Cooled Fast Reactor) : Les réacteurs refroidis au sodium fondu utilisent des neutrons rapides et sont surgénérateurs. Deux options sont envisagées avec des réacteurs de taille intermédiaire ou de gros réacteurs. Les SFR qui bénéficient du savoir faire acquis avec SUPERPHENIX pourraient être déployés les premiers, vers 2015.

LFR (Lead-Cooled Fast Reactor) : Les réacteurs refroidis au plomb sont également à neutrons rapides et régénèrent leur combustible. Le liquide de refroidissement - du plomb fondu ou un mélange eutectique de plomb et de bismuth - est moins dangereux chimiquement que le sodium mais pose des problèmes de corrosion. Ces réacteurs bénéficient de l'expérience acquise avec les réacteurs de sous-marins russes.

GFR (Gas-Cooled Fast Reactor) : Ces réacteurs à neutrons rapides régénèrent aussi leur combustible. Ils sont refroidis par de l'hélium à haute pression. L'hélium est un gaz inerte, qui ne pose pas de problèmes de sécurité et de corrosion. En dehors de la production d'électricité, ils pourraient contribuer à la production d'hydrogène.

VHTR (Very-High-Temperature Reactor) : Contrairement aux précédents, les réacteurs à très haute température fonctionnent avec des neutrons thermique. Ils ne sont pas surgénérateurs et donc moins performants en termes de développement durable. Ils tirent leur nom du fait que la température de l'hélium sous pression qui évacue la chaleur dépasse 1000°C, ce qui ouvre la voie à des applications comme la séparation d'hydrogène à partir de l'eau, la gazéification du charbon et autres processus industriels. Bénéficiant du savoir faire acquis avec des réacteurs HTR, ils pourraient être déployés dès 2020.

SCWR (Supercritical-Water-Cooled Reactor) : Ces réacteurs refroidis à l'eau surpercritique sont étudiés sous deux options, des réacteurs rapides surgénérateurs ou des réacteurs à neutrons lents sans régénération du combustible. Un tel refroidissement offrirait un bon rendement thermique approchant 44 % pour la production d'électricité et l'avantage d'une implantation simplifiée.

MSR (Molten Salt Reactor ) : Les réacteurs à sels fondus sont de conception très différente des autres réacteurs. Le combustible est un liquide, mélange de sels fondus notamment d'uranium et de thorium. Avec un combustible au thorium, les MSR sont surgénérateurs pour tout le spectre des neutrons ; ce qui a permis d’étudier différents systèmes. Après des études sur les systèmes thermiques intéressant pour la faible quantité de matière fissile nécessaire mais posant des problèmes de sûreté et de retraitement chimiques, les études portent maintenant sur des systèmes où les neutrons ne sont pas modérés, ce qui permet de résoudre les problèmes précédents et surtout de démarrer avec les actinides produits dans les réacteurs actuels sans passer par la production externe d’une première charge d’uranium 233

Sujets voisins : Cahier des charges, Ménager les ressources, Réduire les déchets



Quels neutrons pour régénérer le combustible ?
Le bilan de régénération du combustible doit être positif pour la surgénération. Ce bilan dépend beaucoup de l'énergie du neutron et du noyau fissile employé. Pour le plutonium-239, la surgénération est obtenue avec des neutrons d'énergie supérieure à 10 keV. C'est la raison pour laquelle les réacteurs de génération IV à base de plutonium (SFR, LFR, GFR) seront rapides. Avec l'uranium-233, la surgénération est obtenue aussi bien avec des neutrons rapides qu'avec des neutrons lents. (Source A.Nuttin/LPSC Grenoble).
IN2P3

Voir aussi :

Neutrons lents et rapides
La surgénération
Combustibles au thorium