Expositions accidentelles



Risques et sources d'expositions en cas d'accident grave

Les principales sources d'exposition lors d'un rejet majeur de matière radioactive sont l'irradiation par le nuage, l'inhalation de radioactivité, la contamination de la peau et des vêtements, les dépôts de radioactivité au sol et l'ingestion à long terme de nourriture et d'eau contaminées. Quelles sont les caractéristiques de ces sources ?

L'irradiation par le nuage radioactif est une irradiation externe généralement à distance dues aux rayonsgamma, . Lorsque les matières radioactives sont rejetées à la suite d'une explosion, le nuage formé à partir du panache initial est emporté par les vents.


Inventaire des rejets de Tchernobyl

Elle est dangereuse dans les premiers temps en raison de la prédominance d'éléments très radioactifs, après quoi la décroissance dans le temps et la dilution dans l'atmosphère diminuent son importance. À Tchernobyl, peu après l'explosion, le xénon-133 était l'élément le plus actif, suivi de l'iode-131. Le xénon est un gaz rare. Il n'est pas assimilable par les organismes vivants, mais se disperse rapidement.

Bien que l'air offre une mauvaise protection, l'irradiation par le nuage est atténuée par la distance. Dans le cas de gamma caractéristiques de 1 MeV d'énergie, le nombre de gamma non arrêtés par l'air est divisé par 1000 tous les 900 mètres.

L'inhalation de radioactivité peut être potentiellement plus dangereuse. Elle est due d'abord à des aérosols radioactifs en provenance du nuage lors de son passage, puis plus tard à des poussières remises en suspension.

La contamination de la peau et des vêtements intervient surtout lors des premières interventions et concerne les personnes séjournant sur des sites très contaminés. Comme l'inhalation de radioactivité, elle survient durant le passage du nuage et, plus tard, par la remise en suspension de poussières radioactives ou la manipulation de matières contaminées.

Les dépôts d'isotopes radioactifs au sol sont la source d'une irradiation gamma externe. Moins intense que celle du nuage, elle est plus rapprochée et de longue durée. Dans les premières semaines, elle est principalement due aux isotopes radioactifs à courte durée de vie comme l'iode-131. À l'échelle de plusieurs années, c'est le cesium-137 qui domine.



Contamination de la chaîne alimentaire
La contamination du lait de chèvre dans les montagnes de la Corse en mai 1986 est un exemple de la pénétration de la chaîne alimentaire par des éléments radioactifs, soit par inhalation ou comme sur la figure par dépôt sur la végétation. Certaines plantes méditerranéennes, comme le thym ou les fruits secs, contiennent davantage d'éléments radioactifs, car leur teneur en eau est très faible (moins de 5 % pour les noisettes, contre plus de 80 % pour des fruits frais). Les chèvres et les brebis s'alimentent de ces végétaux. On observa pour leur lait, plus minéralisé que le lait de vache, des niveaux de contamination par l'iode-131 allant jusqu'à 15000 becquerels par litre. Toutefois, ce lait n'entre pas dans l'alimentation des très jeunes enfants qui seraient les plus sensibles à cette contamination qui décroît avec une période de 8 jours.
IRSN/dessin : Martine Beugin

L'ingestion de nourriture et d'eau contaminées est à l'origine d'expositions internes. La contamination provient encore principalement de l'iode-131 dans les premières semaines puis du cesium-137 quand le temps a fait son œuvre. Ces deux isotopes, absorbés par les végétaux, pénètrent dans la chaîne alimentaire.

Sujets voisins :Mesures de première urgence, Nuage radioactif


Voir aussi :

Césium 137
L'Iode-131
Tchernobyl
Expositions externes