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Moyennes activités (MAVL)



Déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL)

Coques et embouts irradiés
Ces coques et embouts sont les résidus des gaines en zircaloy qui enrobaient les pastilles de combustible. Fortement irradiés à la suite de leur séjour de trois années en réacteur, ces fragments sont radioactifs. Ils font partie des déchets de "moyenne activité" (type B). Ils passeront dans l'atelier de compactage et de réduction des déchets technologiques de l'usine de La Hague.
PHILIPPE LESAGE /COGEMA

La classification française désigne par MAVL des déchets dont la radioactivité est considérée comme moyenne mais la durée de vie longue. Leur activité est intermédiaire entre celle des déchets FMAVC de faible activité et des déchets HA de très haute activité. La réglementation impose qu'elle soit comprise entre 0,01 et 10 curies par kilo, beaucoup plus que les déchets de « faible activité », mais beaucoup moins que les déchets de haute activité.

En France, la plus grande partie des déchets MAVL provient des opérations du retraitement. Par exemple, les gaines et embouts des assemblages de combustible qui ont été massicotés de façon à en extraire les pastilles d'oxyde d'uranium irradié, en font partie. Leur radioactivité est due à la contamination d’atomes radioactifs dont certains ont des périodes dépassant le millier d'années. Ces caractéristiques nécessitent une gestion à part avec des solutions à long terme.

Evolution d’un colis de moyenne activité
L’activité des déchets MA-VL se situe en général entre un million et un milliard de Bq par gramme. L’évolution au cours du temps de l’activité d’un colis de déchets MA-VL, tel qu’un conteneur de « déchets de structure » compactés issus du traitement des combustibles usés, a la même allure générale que pour les déchets vitrifiés mais le niveau d’activité initiale est évidemment moindre. La puissance thermique moyenne est initialement d’une vingtaine de watts par colis, et décroît d’un facteur 10 en cent ans.
ANDRA

Outre les gaines, coques et embouts, les déchets MA-VL incluent les insolubles, les filtres et résines, les produits de décantation et de centrifugation, les boues d'épuration des opérations de retraitement. On trouve également des matériaux contaminés au cours du fonctionnement ou d’opérations de maintenance, comme des vêtements, de l'outillage et des pièces de rechange. Feront un jour partie de ces déchets, les éléments les plus radioactifs du démantèlement à venir des réacteurs.

Jusqu'à une date récente, les déchets MAVL étaient enrobés dans un matériau inerte : bitume ou béton. En France, les coques et les embouts sont maintenant compactés sous forme de galettes et placés dans des conteneurs en acier inoxydable de même type que ceux qui sont utilisés dans les ateliers de vitrification. Cette standardisation facilite les opérations de manutention, de transport et de stockage.

Les déchets MA-VL constituent 3 % du volume et 4 % de l'activité de l'ensemble des déchets radioactifs. Le parc français produit annuellement environ 2800 mètres cubes de ces déchets de faible ou moyenne activité et à vie longue. Le volume cumulé de ces déchets atteindrait 100 000 mètres cubes en 2020. Dégageant peu de chaleur, ils ne nécessitent pas de refroidissement. En France, leur stockage profond paraît difficilement évitable, les temps de vie de certains radioéléments impliqués atteignant des dizaines de milliers d'années.

Environ 64% des déchets MAVL ne sont pas encore conditionnés et sont dans l'attente de gestion définitive. Ces déchets, anciens pour la plupart, sont entreposés dans les installations du CEA à Cadarache et de AREVA à Marcoule et La Hague. Il sera nécessaire de les reprendre et de les conditionner, en respectant les standards actuels de sûreté, pour leur gestion à long terme.