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Décontamination radioactive



Eviter tout contact, ingestion, inhalation

Une des tâches de la radioprotection est la décontamination des milieux pollués par des substances radioactives à la suite d'un accident.

Il y a contamination chaque fois que des substances radioactives sont présentes dans un milieu ou sur la surface d'un objet. Une contamination peut être à l'origine d'expositions externes, par contact ou interne.

Exposition de la peau
La peau peut être bombardée par des rayonnements alpha ou bêta, soit en raison de la radioactivité de l'atmosphère (tritium, carbone-14), ou par accident si l'on touche une surface contaminée par la radioactivité. Seuls des rayons bêta d'énergie suffisante comme ceux du strontium-90 atteindront la couche la plus profonde de la peau (le subcutis). Des bêta moins énergiques comme ceux du carbone-14 pourront atteindre le derme. Les bêta du tritium (de très faible énergie) et les alpha car ils sont très vite arrêtés (une cinquantaine de microns) ne dépassent pas l'épiderme. Le contact avec une source radioactive, surtout alpha, occasionne des brûlures. Le port du combinaison et de gants arrête tout ou partie de ces rayons.
IN2P3

Le contact ou la proximité d'une substance radioactive est dangereux. Les rayons bêta et surtout alpha étant peu pénétrants, les effets seront intenses à la surface de la peau mais ne se feront pas sentir en profondeur. Ce type d'exposition produira donc des brûlures superficielles. C'est ce qu'expérimenta involontairement Henri Becquerel. Les rayons gamma étant pénétrants, l'irradiation sera diffuse dans l'ensemble de l'organisme, mais moins intense localement. Elle sera toutefois maximale près du point de contact.

Il est possible de décontaminer par un nettoyage soigné un local, du matériel ou une personne ayant subi une contamination par contact. Les produits du nettoyage, les poussières et autres substances contaminées enlevées seront placées dans des conteneurs étanches et destinées à être traitées comme des déchets généralement de faible activité.

En cas d’accident grave, il faut décontaminer des surfaces importantes polluées par les dépôts au sol de particules radioactives. A Tchernobyl, des milliers de liquidateurs, souvent mal protégés, nettoyèrent les abords du réacteur. A Fukushima, la présence de grandes quantités d’eaux radioactives interdit pendant plusieurs mois l’accès aux bâtiments inondés avant qu’une station de décontamination puisse traiter ces eaux.

Décontamination à Fukushima
Après l’accident de Fukushima, de nombreux parents d’élèves exigèrent du gouvernement japonais que les cours d’école soient nettoyées afin que la dose à laquelle seraient exposés les enfants ne dépasse pas la limite légale de 1 mSv/an. Des engins ont raclé cette cour d'école à 50 km de Fukushima pour rassembler le dépôt de césium en surface. La limite de 1 mSv est prudente. Les japonais, dont l’espérance de vie est la plus élevée au monde, reçoivent 5 fois plus en moyenne du seul fait des diagnostics médicaux. En octobre 2013, 400 cours d'école avaient été décontaminées.
Ko Sasaki for The New York Times

Une contamination interne se produit de trois façons : par l'inhalation de substances ou poussières radioactives ; par ingestion, lorsqu'elles sont contenues dans les aliments absorbés ou bien déposées sur un objet porté à la bouche ; par blessure avec un objet contaminé ou lorsqu'elles souillent une plaie existante. Il est impossible de décontaminer une personne ayant subi une contamination interne car il est trop tard. On peut par contre en limiter parfois l'effet, par exemple dans le cas du tritium en buvant beaucoup d'eau.

Les travailleurs du nucléaire se protègent d'une contamination en portant des vêtements spéciaux, des gants et des masques (qui deviendront des déchets radioactifs). On assure l'étanchéité des pièces où se trouvent les substances radioactives, ainsi que le renouvellement de l'air des locaux qui est filtré pour piéger les poussières radioactives et les manipulations d'objets très radioactifs se font avec des robots.

Contrairement à une opinion courante, une personne contaminée ne peut à son tour contaminer et ne présente donc pas de dangers pour ceux qui la soignent.