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Expositions en médecine



Doses faibles en diagnostics, locales et fortes en thérapies

Les expositions aux radiations dans le domaine médical concernent en premier lieu les patients qui subissent des examens ou bénéficient de traitements. Il s’agit du seul cas où des expositions sont délivrées en vue d’un bénéfice pour les personnes exposées.

La situation diffère selon que l’on considère l’exposition du patient lors de diagnostics en radiologie ou imagerie nucléaire et celle résultant de radiothérapie externe ou interne. Dans le premier cas, il est nécessaire d’optimiser en délivrant la dose minimale pour obtenir un diagnostic pertinent, dans le second cas, il faut délivrer la dose nécessaire pour stériliser la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains voisins

Les expositions en médecine ne font pas l’objet de limitations, contrairement aux autres sources de radiations dues à l'homme. Des limitations conduiraient à renoncer à de précieux diagnostics pour les malades. La radioprotection en la matière consiste à appliquer les principes de justification et d’optimisation, c'est à dire à limiter l'usage des rayons à ce qui est nécessaire et quand il est justifié. Pour les diagnostics, l'amélioration constante de la sensibilité des détecteurs a permis de réduire dans la même proportion les doses pour un résultat de qualité égale.

Exposition d'un examen TEP-Scan
L'examen TEP-SCAN est devenu un outil très efficace pour le dépistage et la localisation des cancers. Cet examen qui combine les diagnostics d'un scanner et celui de l'imagerie nucléaire expose les patients à une dose de 10 à 20 milliSieverts, élevée pour un diagnostic mais justifiée par l'importance de son résultat.
IN2P3
Dans le cas des diagnostics de la médecine nucléaire comme de la médecine classique, les doses d'expositions considérées sont généralement des doses efficaces corps entier. Des examens classiques comme une radio dentaire ou une radio pulmonaire, peu irradiants, s'élèvent à une fraction de millisievert. Les expositions sont de l'ordre de plusieurs millisieverts, nettement plus élevées lors de diagnostics beaucoup plus poussés devenus courants comme les scanners. Leurs équivalents en médecine nucléaire sont les scintigraphies et les Tomographies par Emission de positrons (TEP). Un examen qui combine scanner et TEP est utilisé (TEP-Scan) pour dépister les cancers.

Dans le cas des thérapies, les irradiations sont beaucoup plus intenses car il s'agit de détruire des cellules malignes. Mais l'irradiation doit être concentrée autant que possible sur la tumeur et éviter les cellules saines aux alentours. Les doses appliquées aux tumeurs sont de l’ordre de dizaines de Grays.
Doses locales en thérapies
Dans le cas des thérapies, les doses d’expositions sont des doses locales exprimées en Grays. Les doses sont importantes car il s'agit de détruire des tumeurs. Elles sont similaires, qu'il s'agisse de médecine nucléaire comme les curiethérapies à gauche, ou qu'il s'agisse de radiothérapies à base de rayons (à droite).
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Les expositions aux rayonnements à proximité des installations médicales concernent également les professionnels de santé (médecins, radiophysiciens, manipulateurs en électroradiologie, infirmières, ...) qui sont appelés quotidiennement à utiliser les rayonnements ionisants ou à participer à leur utilisation. Au tout début des rayons X, quand on n'était pas conscient de leurs dangers et ne prenait pas ou peu de protections, des radiologues en furent victimes. Les maladies des radiologues appartiennent auujourd’hui à un lointain passé. Des mesures de radioprotection ont été mises en place. Les installations sont l'objet des règlementations et des contrôles stricts de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Les personnels (149 000 personnes en 2005) travaillant dans le domaine des utilisations médicales des rayonnements ionisants sont l’objet d’une surveillance dosimétrique de leurs expositions.

Il faut s'assurer enfin que la population en général ne soit pas exposée à des déchets ou effluents provenant des services de médecine nucléaire. Ces services disposent d'un local destiné à l’entreposage des déchets et effluents radioactifs liquides en attente de leur décroissance généralement rapide.