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Stockage Géologique



La solution ultime pour les déchets très radioactifs à vie longue ?

Nos lointains descendants disposeront peut être de fusées assez sûres pour expédier dans l'espace intersidéral nos déchets les plus radioactifs sans le moindre risque de retombée au sol. En attendant cette époque, la communauté scientifique et technique internationale considère le stockage géologique comme la solution la mieux adaptée pour gérer des déchets radioactifs sur les temps longs.

En France, CIGEO (Centre industriel de stockage géologique) est le projet de stockage profond pour les déchets les plus radioactifs : les déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL). La Suède et la Finlande construisent un centre de stockage comparable à Cigéo dans du granite. Cette roche est également étudiée au Canada, en Suisse, en Corée et au Japon. Les formations argileuses comme en France font l’objet d’études et de recherches en Belgique, en Suisse et au Japon.

Les efforts déployés par les ingénieurs pour garantir aux déchets très radioactifs stockés dans les profondeurs de la terre le repos éternel rappelent l’ingéniosité des anciens égyptiens pour garantir l’inviolabilité des tombeaux des pharaons. Le terme de repository par lequel les anglo-saxons désignent ces grandes installations exprime bien cette recherche d'éternité.

En France, les déchets TFA de très faible activité et les déchets FMAVC de faible et moyenne activité à vie courte qui constituent 90 % du volume de l'ensemble, ont trouvé une solution définitive de stockage en surface. Les déchets FAVL de faible activité à vie longue devraient trouver aussi une solution. Restent les déchets ultimes de l’industrie nucléaire, ceux de Haute Activité et de Moyenne activité à vie longue, les plus actifs, qui durent longtemps, mais à très faible volume. La solution proposée est celle d'un stockage à grande profondeur, le stockage géologique profond.

La barrière de la couche géologique profonde s'ajoute aux deux barrières constituées par le colis dans lequel est confinée la radioactivité, puis l'ouvrage dans lequel est placé le colis, pour s'opposer à la migration des atomes radioactifs. Il existe un consensus au niveau mondial sur la nécessité d'avoir un jour recourir à des tels stockages. Dans quels types de sols ce stockage est-il envisageable ? Comment assurer l'absence de remontée de la radioactivité sur des périodes très longues ?

Principe d'un stockage profond
Exemple d'implantation d'un site de stockage profond. Les déchets de haute activité qui dégagent de la chaleur nécessitent un espacement des colis alors que les déchets de moyenne activité (MAVL) n'en dégagent pas. Leur implantation est différente.
ANDRA/CIGEO

ll s’agit de faire jouer à une couche souterraine de roches le rôle sinon de de coffre-fort du moins de ralentisseur vis-à-vis de ces déchets, que ce soit des assemblages de combustibles usés ou des conteneurs de déchets vitrifiés. A la suite des recherches effectuées au laboratoire souterrain de Bure, la France a opté pour une couche argileuse profonde du Bassin Parisen, vieille de 160 millions d'années et épaisse de 150 m. C'est le projet du centre de stockage CIGEO à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne.

Il ne faut pas diaboliser outre mesure les atomes radioactifs. En dehors de l’unique et fugitif instant où ils émettent leur rayon, ils se comportent comme tout autre atome. Enfouis profonds sous nos pieds, ils n’auront pas davantage la velléité de remonter voir la lumière du jour qu’un atome de terre ordinaire. S’il n’y a pas d’intervention des hommes, le seul véhicule naturel qui pourrait le permettre est l’eau.

L'argile, outre sa plasticité, a la propriété de retenir l'eau qui l'imprègne. A l'intérieur d'une structure en feuillets, l'eau se trouve captive sous forme de minces films qui n'ont pas bougé depuis la formation de ces argiles à l'époque du tertiaire ou du secondaire. Du fait de cette structure compartimentée, il n'y a pratiquement pas de circulation d'eau. Les atomes prisonniers de la structure ne se déplacent que très lentement. Les durées d'un éventuel retour des atomes enfouis vers le monde du vivant seront extrêmement longues.

Une remontée à tâtons étalée dans le temps et dans l'espace
il n'y a pas de circulation d'eau dans la couche souterraine de roches argileuses. Les atomes, prisonniers de la structure, ne s'y déplacent que très lentement, à tâtons et dans toutes les directions. Les atomes radioactifs d'un conteneur de déchets se déplaceront comme des atomes ordinaires. Ils ne devraient pas bouger davantage que ceux du crâne de notre ancêtre Lucy en place depuis 2 ou 3 millions d'années. Des remontées au sol se feraient selon des trajets très variables avec des temps d'arrivées qui s'étaleront sur des temps très longs. .
IN2P3

Quels colis mettra-t-on dans ces centres de stockages et quand ? Les déchets MAVL pourraient être enfouis de suite. Pour les déchets de haute activité (HA) c'est la chaleur initiale qu'ils dégagent qui pose plus de problèmes que leur radioactivité. Elle oblige à espacer les colis ou à attendre avant de les stocker. C'est une des raisons pour laquelle, ces centres de stockage sont encore à l'état de projets. En principe seront enfouis d'abord les colis les plus anciens. Les colis seront probablement amenés à évoluer. en fonction des améliorations résultant des recherches en cours sur le traitement et le conditionnement des déchets de haute activité,

Toutes ces questions méritent débats. Malheureusement, lors des débats entre partisans et opposants, le rationnel doit faire face à des passions, aux dogmatismes et parfois à un certain obscurantisme.

Jules César disait des Gaulois qu'ils étaient indisciplinés et querelleurs. Le 23 mai 2013 à Bure, les opposants au projet du Centre Industriel de Stockage Géologique (CIGEOempêchèrent la tenue de la réunion inaugurale qui devait lancer un débat public national. Lon des Gaulois, aux Etats-Unis, le projet de Yucca Montain dans le tuff du désert du Névada a été abandonné. La proximité des tables de jeux de Las Vegas n'était pas seule en cause, les géologues critiquaient la perméabilité du tuff ...

La France serait la premiètre à mettre en service vers 2025 un tel site avec CIGEO. Seuls la Suède (2025) et la Finlande (2021) seraient aussi avancées. Dans les autres pays les dates de construction ou d'ouverture sont beaucoup plus lointaines: 2050 pour la Belgique, 2045 pour la Suisse, 2048 pour les USA, après 2035 et 2040 pour le Canada et la Chine, 2035 pour le Japon.

Vidéos de l'ANDRA
- Historique des recherches sur le stockage et du projet CIGEO :voir
- Visite virtuelle du laboratoire de Bure (la visite virtuelle permet de découvrir le Laboratoire en images réelles et les recherches qui y sont menées) :voir.