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Causes non naturelles ...



Activités et folies humaines : guerres, terrorisme, accidents

L’amélioration de la sûreté des installations nucléaires ne se réduit pas aux risques liés à la fission de l’atome. Il faut également prendre en compte des facteurs ou des risques qui n’ont rien d’atomique. On l’a bien vu avec le tsunami qui a frappé Fukushima, un cataclysme naturel. Mais les agressions de la nature ne sont pas les seules à prendre en compte. Il y a aussi les agressions pouvant résulter des activités humaines et malheureusement de la folie des hommes.

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Les parties sensibles d’une installation nucléaire, comme ces quatre dômes de la centrale de Paluel, occupent une surface petite au sol. La probabilité d’une chute accidentelle d’un gros avion est extrêmement faible. La centrale est située au creux d’une falaise, les bâtiments sont peu élevés. En cas d’attaque terroriste ils constitueraient une cible plus difficile à atteindre que les tours new-yorkaises du 11 septembre 2011.
EDF/Marc Morceau

Les risques liés aux actes de guerre sont bien tangibles. Étant donnée la précision des missiles modernes, il ne serait pas difficile de viser et de toucher lors d’un conflit les points névralgiques d’un réacteur ennemi. Lors de la guerre Iran Irak, les avions de Saddam Hussein ont bombardé un réacteur iranien. À la même époque, des avions israéliens ont détruit Osirak, un petit réacteur du même Saddam. Heureusement tous deux étaient en construction.

Les risques associés à une attaque de missile sont difficilement parables. Remarquons seulement qu’en cas de nuage radioactif, l‘envoyeur serait également touché. Heureusement depuis la fin de la guerre froide, les risques de conflits ont beaucoup diminué. De nos jours les probabilités de guerre entre états dotés d’armes modernes sont petites mais elles sont beaucoup plus élevées que les millionièmes ou un milliardièmes éstimés pour d'autres causes.

A la suite des attentats du 11 septembre 2001, les risques liés aux actes de terrorisme sont souvent évoqués, en particulier la chute d’un gros avion sur des installations nucléaires civiles. Si la prise de contrôle d’un avion de ligne à des fins terroristes a été possible en 2001, c’est qu’elle était inimaginable à l’époque. De nos jours, elle est devenue virtuellement impossible en raison du contrôle devenu très strict des passagers. Par ailleurs, le dôme d’un réacteur qui ne s’élève pas beaucoup du sol serait une cible nettement plus difficile à atteindre qu’un gratte-ciel.

Contre les actes de terroristes ordinaires, les périmètres des installations nucléaires sont sur surveillance permanente. De multiples dispositifs de contrôles interdisent les intrusions dans les parties sensibles. La surveillance n’est pas parfaite. Le 5 décembre 2011, des militants de Greenpeace se sont fait une gloire de franchir plusieurs lignes de barbelés et d‘avoir agité un drapeau sur le toit du bâtiment réacteur de Nogent-sur-Seine. L’intrusion pose question. Cependant les militants étaient très loin d'avoir pénétré dans le saint des saints.

Les risques de chute d'avion sur des installations nucléaires civiles ont été réévalués après le 11 septembre. L'étude de ces risques d'accidents distingue les trois catégories d'aviation retenues par la réglementation aérienne :1) l'aviation commerciale qui regroupe tous les avions de masse supérieure à 5,7 tonnes et qui compte 1 million de vols par an en France ; 2) l'aviation générale qui regroupe les petits avions de masse inférieure à 5,7 tonnes (avions d'aéroclubs et avions d'affaires) et qui compte 3,5 millions de vols par an ; 3) l'aviation militaire qui compte 600 000 vols par an en France.

La fréquence (majorée) de chute d'avion retenue pour la sûreté diffère sensiblement pour les 3 catégories : 1 sur 1 million pour l'aviation commerciale ; 1 sur cent mille pour l'aviation militaire ; 1 sur dix mille pour l'aviation générale. Pour une centrale nucléaire, on interdit sa construction à proximité d'un aérodrome, en portant une attention particulière aux zones d'approche et d'envol dans l'axe des pistes d'atterrissage et de décollage (*).

Les 20 000 m2 des parties sensibles d'une centrale sont minuscules comparés aux 550 000 km2 de superficie de la France. Compte tenu du rapport des surfaces (27 millions), des nombres de vols par an et des probabilités de chute par vol, la probabilité par an de chute sur une centrale est de quatre millionièmes. Elle est 40 fois plus petite pour l'aviation militaire et 400 fois pour l'aviation commerciale.

L'Autorité de Sûreté, qui ne considère que les probabilités d'accident supérieures à cent milliardièmes (10-7), néglige la chute d'un avion commercial dont la probabilité est inférieure à cette limite. Les précautions prises concernent surtout les petits avions de l'aviation générale. A la suite d'études très poussées de résistance aux chocs, les bâtiments les plus sensibles ont été dotés d'une structure renforcée. Les barrières du futur réacteur EPR de troisième génération sont conçues pour protèger le cœur contre une chute de gros avion.