EN | FR

Thérapies par rayons



Utiliser les rayons pour détruire les cellules cancereuses

Très vite après la découverte en 1896 de la radioactivité, Henri Becquerel observa que le tube de radium qu'il portait dans sa poche de son gilet provoquait une irritation de sa peau. Dans les mêmes conditions, Pierre Curie provoqua sur son bras une irritation identique. C'était en 1901. Aussitôt il pressentit l'immense intérêt de la radioactivité pour traiter les tumeurs. Après sa mort, Marie Curie et Claudius Régaud associèrent la physique, la chimie et le biomédical et devinrent les pionniers d'une nouvelle thérapie. (Radium et débuts de la médecine nucléaire)

Radiothérapie en 1925
Installation de radiothérapie en Italie vers 1925. Il s’agit de soigner ce jeune malade de la teigne. On aperçoit l’installation de rayons X à gauche au-dessus du lit. Lors de l’irradiation, des rayons X sont rayonnés dans toute la salle. Peu de précautions sont prises. On ne dispose pas de moyens pour concentrer efficacement les rayons sur la partie à soigner et réduire l’irradiation des tissus sains.
Institut Curie

Les rayons X avaient été découverts en décembre 1895 et leurs applications médicales avaient débuté quelques semaines plus tard. Dès 1901, le Dr. Danlos de l'hôpital Saint Louis à Paris émet l’idée d’utiliser les rayonnements émis par le radium et obtient rapidement des résultats intéressants pour des affections de la peau.

Depuis, des centaines de milliers de cancers ont été guéris par le radium et les radioéléments (iridium-192, césium-137) qui l'ont remplacé. Les rayonnements qu'ils émettent traitent une grande variété de maladies.

En cent ans, la « radiothérapie » (utilisant des rayonnements ionisants de diverses origines) a atteint un haut degré de sophistication technique. Utilisée chez un malade cancéreux sur deux, elle s’intègre actuellement dans des stratégies thérapeutiques complexes associant la chimiothérapie et les interventions chirurgicales.

Radiothèrapîe moderne
On mesure sur cette installation moderne le chemin parcouru en radiothérapie. La photographie montre un accélérateur linéaire de dernière génération, qui replace maintenant les bombes au cobalt dans la plupart des hôpitaux. Un avantage de ces appareils est de pouvoir diriger mieux les rayons sur les tumeurs à traiter
Institut Curie

En France, plus de cent mille malades cancéreux sont traités chaque année par la radiothérapie. Les traitements actuels résultent d’une formidable évolution des techniques au cours du siècle. Des rayons gamma produits par des accélérateurs ont remplacé les rayonx X. On peut mieux les diriger vers les tumeurs.

La radiothérapie « conformationnelle » vise à améliorer le ciblage de la tumeur à irradier. Elle est fondée sur l’imagerie à trois dimensions de la tumeur et des organes avoisinants : on adapte le contour du faisceau de rayons à la forme et la taille précises de la tumeur, de manière à minimiser la dose reçue par les tissus sains avoisinant ceux qu’il faut détruire. En ajustant ainsi la balistique de l’irradiation, on réduit considérablement les risques de la radiothérapie.

Protonthérapie pour le mélanome de l’œil
Traitement d'un mélanome de l'œil au Centre de protonthérapie d'Orsay. Des « faisceaux » de particules (ici de protons) ont pris le relais de sources radioactives dans le cas de certaines radiothérapies. Lors d'un traitement du mélanome, une tumeur de la rétine de l'œil, il s'agit de ne pas irradier le cerveau tout proche. Les protons, contrairement aux rayons d'une source, peuvent être dirigés avec une grande précision sur le mélanome, et leur énergie est ajustée pour qu'ils ne pénètrent pas au delà de la rétine.
Centre de Protonthérapie d'Orsay

Un second type de thérapies consiste à fixer des émetteurs radioactifs sur ou à proximité d'une tumeur. Elles portent le nom de curiethérapies, car leur principe remonte à l'insertion d'aiguilles au radium proposées par Marie Curie. Les rayonnements émis, bêta ou gamma de faible énergie, doivent avoir une portée de quelques centimètres. Ils doivent aussi avoir une durée de vie courte pour disparaître en quelques semaines ou mois. Citons le traitement des hyperthyroïdies et cancers thyroïdiens à partir de l'iode-131 et les curiethérapies de la prostate utilisant l'iode-125 ou le palladium-123.

Dans des cas encore plus rares, on utilise des faisceaux de particules accélérées, par exemple des protons, pour bombarder des tissus malins. On règle l'énergie des protons pour qu'elles s'arrtêent dans le tissu et y fassent le maximum de dégâts. C'est le cas des protonthérapies, utilisées aujourd'hui dans le traitement des mélanomes de l'œil.

Une bonne thérapie passe par une bonne maîtrise des doses. La détermination et le suivi des doses d’irradiation pour chaque tumeur et chaque patient ont beaucoup progressé grâce à l’amélioration de la détection et l’informatique et progresseront encore. L’utilisation de la radiothérapie, arme très puissante, nécessite évidemment une prudence que physiciens et médecins ont appris à maîtriser.

Traduction anglaise