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Trois axes



Trois voies de recherches complémentaires

Les trois voies de recherches de la loi Bataille depuis complétée par la loi de 2006 proposaient une panoplie de moyens de gestion. Elles se voulaient complémentaires plutôt que concurrentes. Christian Bataille lui-même, le promoteur de la loi de 1991, ne souhaitait pas « faire monter sur le podium » un de ses axes de recherches.

Par exemple, il est certain que l’on n’échappera pas à la nécessité de construire de grands centres de stockages, mais la transmutation en détruisant certains déchets gênants pourrait réduire considérablement le volume des déchets ultimes à enfouir. Par ailleurs, la sécurité d’un enfouissement ne pourra que bénéficier de conditionnements améliorés et un entreposage raisonnable permettra de tirer profit du progrès des techniques.

Trois axes de recherche
Les trois voies de recherches définies dès 1991 par la loi Bataille ont pour but de répondre aux questions encore ouvertes sur les déchets radioactifs et d’offrir une panoplie de moyens de gestion. Elles sont complémentaires. La première explore les possibilités de tri et de destruction de certains atomes radioactifs, la seconde porte sur le stockage profond de déchets de haute activité qui sera inévitable. La troisième vise à améliorer le conditionnement des déchets et à permettre de longs entreposages .
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Axe 1 : Séparation et transmutation

Les recherches sur la séparation s’intéressent aux méthodes de trie des déchets nucléaires. On irait plus loin que le tri pratiqué aujourd’hui à l’échelle industrielle qui se limite à séparer l’uranium et le plutonium des produits de fission et des actinides mineurs. On cherchera par exemple à séparer un produit de fission comme le césium pour le conditionner à part.

La séparation devient particulièrement intéressante si elle est suivie d’une transmutation. Il deviendrait possible alors de faire disparaître des radioéléments comme les actinides mineurs qui représentent moins d’un millième de la masse du combustible usé, mais dont les durées de vie sont très longues. Pour transmuter les actinides en des produits radioactifs de courte période, voire en éléments stables, il faut des réactions nucléaires et passer en réacteur. Avec quels réacteurs peut-on aboutir à une transmutation qui ait un rendement satisfaisant ?

Axe 2 : Stockage en profondeur

Les déchets ultimes, que nous ne savons exploiter actuellement, peuvent-ils être enterrés sans dangers en profondeur ? Dans quels types de sols ce stockage est-il envisageable ? Comment assurer la pérennité d’un tel stockage sur des périodes longues ? Combien de temps un tel stockage doit-il être réversible ? Si d’aventure nos descendants découvraient un moyen d’exploiter ces déchets, ou de les faire disparaître, pouvons nous faire en sorte qu’ils soient capables de les extraire du site de stockage ?

Axe 3 : Conditionnement et entreposage

Il existe déjà de bons conditionnements pour de multiples types de déchets ? Peut-on les améliorer, les rendre plus résistants, les adapter au type de d’atomes radioactifs à immobiliser ?

Les combustibles usés et les déchets vitrifiés sont déjà entreposés dans des installations prévues pour durer quelque dizaines d’années. Peut-on prolonger ces installations sur des durées allant jusqu’à 300 ans ? Ces entreposages doivent-ils être en surface où à faible profondeur ? Comment assurer sur une aussi longue durée la surveillance et le bon état de telles installations qui précèdent mais ne remplacent pas un stockage ?

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