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Dose collective



Un indicateur utile mais à employer avec discernement

La somme des doses individuelles dans une population est la « dose collective ». Cette dose collective est exprimée en « homme.sievert » (homme.Sv). Elle se calcule en multipliant la dose efficace moyenne reçue par le nombre de personnes concernées.

Calcul des doses collectives
La table montre sur un certain nombre d'exemples, comment en multipliant un nombre de personnes par la dose efficace moyenne on calcule une dose collective. On peut poursuivre et multiplier la dose collective par 5 % pour obtenir un nombre de cancers. Cette multiplication est valable pour des doses efficaces dépassant 100 mSv. En dessous de cette limite, le nombre de cancers doit être considéré comme un nombre maximum, qui dans le cas des faibles doses est probablement loin d'être atteint. (Source IRSN).
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Les valeurs des doses collectives à l'échelle de populations de plusieurs millions de personnes dépassent le millier même pour de faibles expositions. Ainsi pour la France dont la population s'élève à 60 millions d'habitants, les doses collectives annuelles dues à la radioactivité naturelle et aux soins médicaux sont de 150 000 et 60 000 homme.Sv, les expositions individuelles s'élevant à 2,5 mSv et 1 mSv en moyenne.

A titre de comparaison, la dose collective des 4 700 000 personnes habitant la région de Tchernobyl est environ cent fois supérieure : 100 700 homme.Sv. Cette exposition est très inégalement répartie selon qu'il s'agit de la population générale ou des personnes ayant participé de près ou de loin - les liquidateurs - aux opérations de décontamination.

L'intérêt de la dose collective est de fournir une estimation du risque pour une population exposée. Cependant, cet indicateur doit être utilisé avec circonspection. La tentation est grande de transformer ces doses collectives en nombre de cancers à venir, en appliquant la règle de la CIPR qui prévoit 5% de cancers mortels au maximum par sievert (relation linéaire sans seuil). Les experts de l'UNSCEAR se sont opposés depuis 1990 à l'utilisation du produit des doses collectives environnementales et du coefficient de 5 % pour définir un nombre de cancers attribuables à l'exposition des populations humaines.

Par exemple, il se trouve que les doses collectives des 60 millions de français qui ont reçu en moyenne 1 mSv quand ils se sont faitb faire une radio ou ont passé un scanner et celle des 600 000 liquidateurs de Tchernobyl exposés 100 fois plus, sont égales. D'après la règle de proportionnalité de la CIPR qui est une façon commode d'évaluer un risque maximum, mais qui ne repose pas sur des données biologiques, le nombre d'apparitions de cancers devrait être aussi égal. Or, s'il n'y a pas d'effets de radiations pour des doses aussi faibles que 1 mSv, les apparitions de cancers seront nettement plus importantes chez les liquidateurs de Tchernobyl (cf. note).

Peu significative pour comparer des irradiations très différentes, la notion de dose collective est utile pour réduire des expositions au niveau le plus bas possible dans un milieu professionnel ou industriel.

L'optimisation permanente des procédures dans l'industrie et le maintien d'un haut niveau de contrôle de la radioactivité dans les installations ont contribué à diminuer les doses collectives et à améliorer la protection des travailleurs, surtout dans l'industrie nucléaire et en médecine.