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Expositions médicales



La principale source d'expositions non naturelles

Doses résultants d'examens médicaux
Doses délivrées lors de divers examens radiologiques, comparées à l'exposition annuelle moyenne à la radioactivité naturelle en France. Les doses reçues pour des scanners dépassent plusieurs fois la limite légale de 1 millisievert (à gauche) pour les exposition hors radioactivité naturelle et médical.
IN2P3

En dehors de la radioactivité naturelle, la principale source d'exposition aux rayonnements est due aux diagnostics médicaux et aux thérapies. L'exposition aux rayonnements pour des diagnostics varie énormément en fonction de l'état de santé, de 0 pour une personne qui n'ira pas voir le médecin à plusieurs dizaines de millisieverts (mSv) pour une personne qui devra subir plusieurs scanners.

L'irradiation en médecine est bien davantage due à l'utilisation des rayons X pour les radiographies qu'à la radioactivité proprement dite. Il est plus exact de parler de rayonnements que de radioactivité, même si le logo de la radioactivité orne les cabinets des radiologues (NB : aux yeux des physiciens, les rayons X issus des couches profondes de l'atome ne sont pas « radioactifs ») ! Pour le malade comme pour le médecin, c'est l'effet des rayonnements et non leur origine qui compte. Aussi, médecins et radiobiologistes ne font pas de distinctions.

En diagnostic, les rayons X utilisés ne sont plus que rarement d'origine atomique. Les rayons d'un scanner proviennent d'un petit accélérateur, ce qui permet de mieux les diriger. Dans le cas de diagnostics nucléaires, comme les scintigraphies, les rayons sont des gamma d'origine radioactive. Mais X ou gamma, la détection de ces rayons est analogue.

En thérapies - radiothérapies ou thérapies nucléaires - on a recours à l'effet des rayonnements ionisants. Tous les rayonnements, quelle que soit leur origine, finissent par déposer leur énergie en "ionisant" la matière vivante. Les radiothérapeutes utilisent des rayons gamma de quelques MeV produits par un accélérateur, appelés souvent rayons X. En thérapie nucléaire, les rayonnements peuvent être d'origine radioactive comme les curiethérapies, ou fournis par un accélérateur dans le cas des thérapies avancées comme les protonthérapies.

Expositions moyennes aux diagnostics médicaux et dentaires
Moyennes de l’exposition annuelle aux radiations ionisantes résultant des diagnostics médicaux et dentaires en fonction du niveaux de soins. Le niveau 1 correspond aux pays les plus développés, les niveaux III et IV aux pays les moins développés. La disparité est très importante. Les chiffres sont extraits du rapport 2008 de l’UNSCEAR et se rapportent à la période 1997-2008. Durant cette période, l’exposition médicale de 1.88 millisievert (mSv) a presque rattrapé dans un pays comme la France l’exposition à la radioactivité naturelle qui est de 2,4 mSv.
2008 UNSCEAR report on the Effects of Atomic Radiation

Personne n'aurait l'idée de remettre en cause les progrès de la médecine qui ont pour effet l'allongement de la durée de vie, progrès dus, pour une large part, aux irradiations nécessitées par les rayons X, des simples radiographies au scanner, et par la médecine nucléaire d'aujourd'hui. C'est, au fil des années, la mise au point de détecteurs de plus en plus sensibles, qui a permis de réduire l'exposition aux rayonnements pour une même qualité de résultat..

Dans les pays développés, l'exposition aux rayonnements d'origine médicale représente en 2008 plus de 40% de l'exposition totale et pratiquement toute l'exposition hors radioactivité naturelle. La tendance est à la hausse. En 2012, la dose aurait augmenté de 50 % au cours des années précédentes. Au Japon, pays qui compte le plus de centenaires, l'exposition moyenne des japonais atteint 5 mSv/an.

Dans les pays en voie de développement, la part des examens médicaux tombe à 1,5 %. A l'échelle mondiale, le nombre de diagnostics médicaux ou dentaires à base de rayons s'est élevé à 3,6 milliards par an durant la décennie 1997-2007, en augmentation de 50% par rapport aux années 1991-1996.

En Belgique, l'espérance de vie n'était vers 1900 que de 48 ans pour les hommes et 51 ans pour les femmes. En un siècle, cette espérance de vie est passée à 74 et 80 ans grâce à un système de soins avancé. Entre temps la dose annuelle d'exposition aux radiations a doublé, de 2,3 mSv à 4,5 mSv, en raison du développement des examens médicaux. Au total, l'exposition aux rayonnements sur toute une vie a triplé : pour les hommes elle est passée de 110 mSv en 1899 à 338 mSv en 1999, et pour les femmes de 117 à 360 mSv.