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Le neutron : Chadwick



Une compétition serrée entre de grands chercheurs ...

James Chadwick, qui découvrit le neutron en 1932, fut l'assistant de Rutherford et l'un de ses plus brillants disciples. Ce fut le 3 juin 1920 qu'il entendit Rutherford, dans le cercle des habitués des Bakerian Lectures de la Royal Society, formuler l'idée d'une sorte d'atome de masse 1 et de charge 0 qui n'était pas l'hydrogène : cet objet, n'étant pas sujet aux répulsions électriques que subissaient les protons et les particules alpha, devait pouvoir s'approcher des noyaux et y pénétrer facilement. Chadwick se souvint 12 ans plus tard de cette communication, quand il eut à interpréter les résultats de ses expériences.

James Chadwick
James Chadwick est surtout connu pour sa découverte en 1932 du neutron, pour laquelle il reçut le prix Nobel en 1935. Né à Manchester, il fut un des plus brillants disciples de Ernest Rutherford, avec lequel il collabora de 1909 à 1935. Chadwick fut l'un des premiers en Grande-Bretagne à souligner la possibilité du développement d'une bombe atomique. Entre 1943 et 1945, il fut à la tête de la délégation britannique à Los Alamos travaillant sur le projet Manhattan.
Musée Curie

La découverte du neutron a résulté de trois séries d'expériences, faites dans trois pays différents, l'une entraînant l'autre. En ce sens elle est exemplaire de la recherche de la connaissance.

En 1930, en Allemagne, W. Bothe et H.Becker, spécialistes du rayonnement cosmique observent que des éléments légers, bombardés par des particules alpha, émettent des rayons « ultra pénétrants » qu'ils supposent être des rayons gamma beaucoup plus énergiques que ceux émis par des noyaux radioactifs ou accompagnant les transmutations nucléaires.

En 1931, en France, Irène et Frédéric Joliot-Curie intrigués par ces résultats cherchent à comprendre la nature de ce rayonnement et découvrent qu'il a la propriété de mettre en mouvement des noyaux atomiques et en particulier des protons... Ils supposent qu'il s'agit là d'un effet Compton entre des gamma dont ils estiment l'énergie à environ 50 millions d'électronvolts (une énergie très élevée pour l'époque) et de l'hydrogène.

En 1932, en Angleterre, aussitôt ces résultats parus, J. Chadwick confirme les résultats et va plus loin. Mesurant avec précision l'énergie des noyaux projetés, il peut affirmer que le rayonnement « ultra pénétrant » ne peut être un rayonnement gamma d'énergie très élevée, mais doit être composé de particules de masse 1 et de charge électrique 0 : c'est le neutron.

Chacune des trois équipes avait travaillé avec les appareils dont elle disposait, mais aussi avec ses connaissances et avait baigné dans la tradition de son laboratoire. Il n'est pas étonnant que ce soit au laboratoire de Cambridge, dirigé par Rutherford que le neutron ait été découvert. Chadwick s'était bien souvenu de l'hypothèse de Rutherford, 13 ans plus tôt, d'une particule neutre à peu près aussi lourde qu'un proton.

Les physiciens abandonnent aussitôt l'image qu'ils avaient d'un noyau composé de protons accompagnés d'électrons captifs dont la charge électrique négative compensait celle positive des protons. Nous devons à Chadwick et aussi à Rutherford, notre image moderne du noyau atomique composé de protons et neutrons !

SUITE : Découverte du neutron