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Perspectives



Comment améliorer la connaissance de l'effet des faibles doses ?

Effectifs des travailleurs contrôlés
Ce diagramme des effectifs des personnels (250 000 en France) en contact avec les rayonnements montre pourquoi il est si difficile d'obtenir des données sur les faibles doses. Les valeurs de doses indiquées qui sont des moyennes par catégories sont faibles, de l'ordre du millisievert (mSv). Le nombre de travailleurs contrôlés à plus de 20 mSv par an avoisine 900 alors qu'il faudrait suivre 50 millions de personnes pendant des dizaines d'années pour mettre en évidence de façon certaine l'effet d'une dose de 20 mSv.(Source IRSN)
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les recherches continuent pour déterminer la relation réelle entre doses et effets, là où les données manquent. Que sait-on malgré les incertitudes actuelles sur la relation entre doses et effets et l'effet cancérigène des faibles doses. On sait que la limite inférieure du risque est zéro (l'existence d'un effet bénéfique appelé hormésis, qui a été avancée, n'a pas été prouvée). On dispose par ailleurs de données dans la région des fortes doses où les effets deviennent directement mesurables et ne se traduisent plus par la probabilité d'un risque.


Avec les progrès de la biologie moléculaire, il sera peut être possible un jour de disposer de signature sur l'origine des cancers et de « marqueurs biologiques » efficaces. En attendant, plusieurs domaines de recherche paraissent susceptibles de faire progresser les connaissances sur le plan fondamental :

a - L'étude des mécanismes d'adaptation et de réparation des lésions de l'ADN en fonction de la dose, du débit de dose, de la nature des particules, des irradiations antérieures.

b - L'étude du rôle des liaisons intercellulaires, c'est-à-dire des cellules voisines.

c - L'étude du rôle de l'hétérogénéité de la distribution des doses par comparaison entre les rayonnements, en particulier l'influence de la densité d'énergie déposée.

d - L'étude de la prolifération incontrôlée des cellules - une signature des cancers - après une irradiation.

e - Les comparaisons entre l'incidence des cancers, particulièrement des leucémies, dans les différentes régions du monde, en fonction de la dose d'irradiation naturelle. Comparaison de ces incidences avec le nombre d'aberrations chromosomiques dans les lymphocytes dans le sang.

f - Les super-analyses portant sur un très grand nombre de personnes et regroupant de nombreuses données expérimentales et épidémiologiques.

Il apparaît nécessaire de distinguer plusieurs catégories de cancers. Ce que l'on sait du mécanisme de cancérogenèse montre que tout modèle et toute relation entre la dose et la probabilité de cancer, ne peut pas s'appliquer à tous les types de cancers et à tous les âges. Du fait de la variabilité de l'influence de la dose, du débit de dose, des relations intercellulaires, du niveau d'organisation ou de désorganisation d'un tissu, et surtout du rythme de prolifération de ses cellules(*), la relation entre dose et effets devrait être différente selon le type de tissu et l'âge.