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Réduire les déchets



Recycler les noyaux lourds jusqu'à les détruire

Pour être accepté, le nucléaire du futur devra générer moins de déchets radioactifs que les réacteurs à eau légère maintenant en service. Des solutions pour le confinement et le stockage des déchets qui peuvent apparaître suffisantes aujourd'hui ne conviendront plus si le recours à l'énergie nucléaire doit augmenter de façon significative.

Evolution du volume du combustible irradié
Les Etats-Unis, depuis le président Carter, se sont faits l'avocat d'un passage unique en réacteur (Once-Through), le combustible irradié étant considéré comme déchet avec l'uranium et le plutonium qu'il contient. Cette option, présentée comme économique et la moins proliférante, a été récemment remise en cause aux USA par 6 laboratoires prestigieux dont Oak Ridge et Los Alamos. Elle est incompatible avec la génération IV. Sa généralisation aboutirait à une explosion de la masse des déchets, alors que retraiter et recycler le combustible avec des réacteurs rapides, en réduirait dramatiquement le volume (Source : Gen. IV roadmap, 2002).
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Les déchets à détruire en priorité sont les noyaux lourds, les plus radiotoxiques en cas d'ingestion et de durée de vie en général très longue. On se préoccupera en priorité du plutonium - quand il est considéré comme déchet - et des actinides mineurs. Les produits de fission sont moins radiotoxiques et la plupart d'entre eux possèdent une décroissance radioactive en comparaison rapide.

Priorité aux noyaux lourds
La comparaison des radiotoxicités à 1000 ans montre l'importance qu'il y a, pour réduire à très long terme la toxicité des déchets à stocker, d'éliminer des noyaux comme le plutonium et les actinides mineurs qui sont plus lourds que l'uranium.
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Dans les réacteurs de seconde génération actuels, on considère comme déchets soit le combustible usé, soit le combustible usé dont on a retiré le plutonium. Dans les futurs réacteurs surgénérateurs, un retraitement poussé du combustible et le multirecyclage permettront de « fermer » le cycle du combustible, c'est-à-dire de consommer au cours du fonctionnement la majorité des noyaux lourds introduits dans le réacteur.

Aux pertes près, les déchets ultimes se réduisent aux produits de fission, dont la quantité dépend directement de la quantité d'énergie produite indépendamment du type de réacteur et dont la radioactivité disparait au bout de quelques trois cents ans. Cette durée peut paraître humainement longue, mais se protéger de ces déchets le temps que leur radioactivité s'épuise est tout a fait faisable les techniques de stockage actuelles.

Pour le multirecyclage des noyaux lourds (uranium, plutonium, actinides), il est envisagé de retraiter le combustible usé au voisinage immédiat des réacteurs au lieu de recourir à un retraitement centralisé mais lointain comme c'est le cas par exemple avec l'usine de la Hague. On éviterait ou réduirait ainsi le transport de matières hautement radioactives. Les unités de traitement du combustible devront être compactes et fonctionner de manière confinée afin d'éviter les risques d'intrusion.

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